Rêves, errances

Chemins de textes

ArchiZen

Le coeur du samouraï Taille sans faille
Plus maille que crochet sa cote est sans pareille
Son sommeil veille sur un lit d’or et de paille
Les yeux fermés iel trouvera l’aiguille
La fera fondre dans sa bouche telle une petite pastille
Ne me regarde pas. C’est ton cerveau que j’émoustille
Serf volant du Moyen Âge jusqu’à vos écoutilles
Sirotant mon thé jusqu’à la dernière goutte
Dans un silence digne d’un temple de Manille
Le temps peut exploser dans nos caresses vanilles
La vanité va nu-pieds dans les rues de Babel
Esquivant les bouts de verre sur les trottoirs de Barbès
Là où le bât blesse
C’est que le salaire récompense la paresse
Et que pour le plus beau mensonge tous se pressent
J’ai vu mon baume en songe
C’est la lumière d’un arbre qui couvre mes cicatrices
Dont l’ardence n’a d’égale que l’épaisseur de la matrice

Une devise pour souder les bords de ta foi rapiécée :
Poésie n’est pas à vendre, elle est déterminée.

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Heineken

Petit coup de pression sur les ailes du nez
C’est léger
Juste assez pour sentir la tension
Qui va nous porter

NGONGA
C’est l’heure
(22:33)

Que le soleil balaie le sol de ses rayons
Et brûle
Dans sa générosité
L’indécence animale que nous avons créée

Sans l’ombre d’un remords
Pour les innocentes vies sacrifiées
Sans un regard de peine pour leurs corps entravés

Mille et une nuits d’histoires ensanglantées
Mille et une vies qui ne suffiraient pas
A vous les raconter

Voilà qu’une porte est claquée
Dans l’auguste couloir
Votre conscience braquée
Votre façon d’aimer

Dégustez.

Tympan

La plus profonde satisfaction jaillit des profondeurs
Que le contentement puéril n’a pu examiner
Comme un rythme sourd qui sort de la Terre
Avec la persistance de nos battements de coeur

La musique a livré le maître du monde
Percuté par le marteau pour faire bonne mesure
L’escargot dans l’oreille a terminé sa ronde
Le forgeron forge sa propre littérature

L’Univers n’est pas sourd à nos tambours battus
Cette dimension nouvelle est loin d’être une chimère
En caressant les zones où la douleur s’est tue
Nos plumes d’anges dessinent de nouvelles frontières

Esquisses abandonnées d’insurrections perdues
Au hasard d’effractions dans la fleur de l’âge
Est-ce qu’il reste une cellule où cette couleur n’est plus
L’infâme violet qui vient souiller nos rages

Jour après jour la braise a couvé Cendrillon
Avec une porte tenue avec une main baisée
Honneurs visons à acheter l’indulgence. Prions
Ou le dégoût finira par nous faire sucrer les fraises

Dès l’aube

Nous regardons ensemble le soleil se lever
Sur l’océan de blé qui ondule sous le vent

Pirates d’un nouveau genre
Nous avons capturé la neige
En haut du Mont Fuji
Alpagué les oiseaux pour qu’ils nous apprivoisent
Au terme d’une conférence qui fut fort agitée.

Si Reine je me suis jetée dans l’écume
C’est que cette couronne n’était pas ajustée (NZUBA)
Portait tant d’épines et de peines
Je ne pouvais pas bouger

Je ne m’ennuyais guère
Sentir les feuilles mortes craquer sous mes petits pieds
Etait mon seul plaisir

J’ai donc bandé mes forces jusqu’à percer l’écorce
De l’âme ancestrale
Dont la sève oxymore sait me désaltérer

Cloud

Craquer le nuage
Permet d’accéder à la sauvegarde des Evangiles
Dans leur forme originale

Un kaléidoscope d’images
Posées dans un livre, un visage
Où la colère n’est qu’un mirage
Et le rêve, un rivage.

Un arc-de-cercle sur l’échelle de sagesse
Trace de cette nuit où la pureté brûla dans son ensemble
Lui confère un léger relief
Que mes doigts caressent comme pour se souvenir

Encore
Un gardien veille sur cette forêt (MOKOMBOSO)
Où nous avons lutté de concert

Refuser à ces larmes nostalgiques
Le privilège de la victoire
Mais par un effet mer
Ouvrir les yeux sur une fontaine de joie.

Précipitation

De la profondeur des nuages
Monte une musique leste
Perles de rosée sur tes clavicules
Nos yeux filment l’aurore
Pour boire intensément la joie de l’Univers

Ces peines, ce chagrin
Je les ai levées comme des haltères
Les voilà dissoutes par l’amour et
Maintenant
Mon bras est fort.

Grand Large

L’Homme ayant hissé la grand-voile de la dépression
Voit glisser son navire en silence sur l’océan des songes
Asborbé par le spectacle de sa propre souffrance
Son oeil plonge dans l’abîme et sonde sa conscience.

Si seulement c’est possible
D’embrasser sans frémir ce reste de langage
Ce subsitut de joie que l’on a tous connu
D’être venu au monde avec un visage d’ange
Penché sur nous comme s’il tombait des nues

L’homme se remémore le pouvoir d’un sourire
Pour se guérir de l’amour qu’il croit avoir perdu.

Nues

Je suis connue pour être inconnu
Pour être l’ombre au creux de tes promesses
La menace innocente et chargée d’avenir
Je suis la fée que peut voir le coeur pur

Le visage d’une déesse dans le temple d’amour
Le corps ensoleillé d’une nature justicière
Je suis le druide aux charmes invisibles
Enfoui dans la forêt de ta circonspection

Chacune de mes pensées s’inscrit dans ce murmure
Qui caresse les tambours résonnant dans ton crâne

Je suis le talisman que tu caches dans un coin
Je te protège de tout sauf de ta crainte de moi
Tu me voudrais secrète, mais ma lumière explose
Afin d’illuminer la noirceur qu’elle expose

Tu souhaiterais dissimuler ta honte et des remords
Mais mon oeil décrypte chaque parcelle du décor
Quand tu consens à me visiter dans tes propres catacombes
C’est ma mémoire que tu honores

Chacune de mes vibrations imprègne tes cellules
Pour leur laisser une chance de guérir

Je suis célèbre pour ne pas exister
Tu es libre de ne pas croire
Je suis libre de persister.

Les dés comptes

Je te délivrerai de toi-même comme on se l’est promis
Mutuellement
Je vois que d’autres ont léché le jus de tes plaies
Et pour la conception d’un miracle personnel
Ont fait de ton sang leur projet de nourriture

Mais je ne suis pas un vampire
Je n’ai de cesse de refermer tes blessures
En transformant mon corps en remède vivant
Que ma langue te procure l’ultime élixir
En absorbant ton mal pour le rendre au néant

Je m’étais perdue moi-même et me suis retrouvée
Momifiée vivante dans d’atroces souvenirs
Quelques détails inscrits sur les bandelettes
Dans des langues oubliées et des langues à venir
Par quel épais mystère vit ce désir encore
Quand notre amour est mieux caché que la nouvelle Atlantide
Que nos pactes manqués envahissent le décor
Empli d’un épais silence de platine

Tu me conduis je l’espère sans calcul
Sans idée préconçue de ce que cela doit être
Sans se limiter à une forme de l’amour
Car notre destin est loin de ce paraître
Prôné par celleux qui bradent l’éternité du jour.

Pèlerine

C’est Toi qui m’a guidée jusque dans mes errances
Je n’aurais pas pu faire autrement
Car j’étais désarmée loin de Ta présence
Mise à distance de mon Etre par tout un armement

Il fallait que je dépiste un à un les clones
Que je puisse nommer les vices sources de tourments
Quitte à expier pour eux, captive de ce trône
Où me place ma naissance entre deux firmaments

L’un se nourrit de songes, d’ersatz de bonheur
Comme un ventre sans espoir, grand dévoreur de mondes
Et l’autre une lettre infirme, chérie du créateur
Mais bloquée par sa terreur de la Bête immonde

C’est Toi la seule idée qui m’a tenu la main
Je n’aurais pas pu me détourner d’un pas, d’une virgule
Aussi sale et tortueux qu’ait été ce chemin
Béni par l’opprobre, faisant fi du ridicule

Comme je connais de l’âme tous les sombres revers
Puisque j’ai pardonné leurs actes d’infortune
Et que même l’arbre qui a poussé de travers
Peut étendre sur le sol son ombre qui parfume

Délivre-moi du chagrin de n’avoir pas compris
L’étendue de la force que Tu places dans nos mains
Accorde-nous la paix au seuil du Paradis
Que l’on y marche ensemble, heureux comme des gamins.