Rêves, errances

Chemins de textes

démo

Des mots pour vaincre l’ennemi

Le silence
 
Où les voix se multiplient comme des fragments de mémoire
Agitées comme peut l’être ma conscience
 
La route est longue
Dieu fasse que nous puissions trouver le sommeil
Malgré nos défaites et nos forfaitures
 
Derrière chaque insolence et erreur de parcours
En moi gisait l’espoir fou
De te pénétrer de mon nom

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À l’heure où la cascade devient colonne de feu

La poésie n’a pas d’histoire
Lorsque notre univers s’est écartelé pour accoucher de lui-même
C’est la poésie qui décida d’attendre
Avant de créer le temps

La poésie n’a pas d’histoire
Elle se révolutionne en continu
S’efface pour faire place à sa lumière
S’expose pour faire face
S’explose pour faire trace
Et recommence

Elle ne demande pas de salaire
La poésie est vitale comme l’air que l’on inspire
Et ne se nourrit que d’elle-même
Comment payer l’arbre qui te donne le fruit ?
La poésie est pure, accessible à qui veut la voir
D’autres la confondent avec une sorte de discipline
Où l’on marque des points à l’usage de formules
Le visage du style, l’adresse de la rime
Font l’esthète grandiose, plus rarement l’artiste

Iels ont recours à son nom pour ennoblir ce qu’iels aiment
Mais iels ne la comprennent pas
La poésie n’a soif de rien certainement pas d’argent
C’est un geste sublime qui donne la vie et la mort en même temps
C’est une idée plus qu’une image
C’est un principe plus qu’une idée
C’est la cause et conséquence de toute forme de beauté

Comme une spirale mathématique
Ou la couleur d’un soleil qui s’étale et s’éteint
Sur l’horizon languide
Reflétant nos valeurs et nos espoirs permis

La poésie te demande un effort
Car elle s’adresse à ton meilleur
A ta soif nécessaire
Une fois posée sur ta langue elle sublimera même tes douleurs
On ne l’apprend pas on naît
Avec la poésie dans le coeur
Peu importe à quel âge

Elle seule te consolera sur ta dernière couche
L’amour est son enfant
Et Dieu sa conséquence

Elle dessine ton sourire quand le néant te touche
Préserve ton désir de beauté
Quand on veut te faire croire qu’il y a plus important

C’est une peau autour d’un sens
Pour le profane aléatoire
Si elle t’a fait l’honneur de te prêter la vie
Tu ne cesses de rendre grâce
Au point que tourmenté-e par des forces adverses
Tu renonces d’un souffle à tout ce que tu es
Pour lui faire plus de place en ton âme

Tendresse brûlante et d’une banalité poétique.

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Un temps soit peu

Le temps de réaliser que tout ceci est réel
Que nos étreintes sont vraies, nos jouissances sincères
Et ton cœur authentique, et ta soif de paix
Semblent venir à bout de mes penchants rebelles

Apprendre à saisir crûment ta parole
À contempler tes gestes dans toute leur nudité
Lorsque mes joues rosissent sous ton regard cinglant
Que nos langues s’insurgent en embrassant leur rôle

L’espace à cultiver entre les âmes battues
Peines enlacées en une inextricable osmose
Pour faire pousser ces feuilles où je dompte ma flamme
Il suffit de l’espace d’un cheveu

Pratiquer les silences échangés sans lourdeur
Effacer lentement l’hypothèse de l’absence
S’oublier chaque jour, chaque nuit, pas assez
Contempler l’océan qui nous a invités
Et s’enfoncer tendrement dans ses profondeurs

 

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Place

Place un mot pacificateur
sur cette enveloppe contradictoire
assume ton essence trouble et
assassine ton double aux prétentions dérisoires
prétendu besoin d’assurance de normalité qui s’immisce dans des instants vécus sous la forme d’un enjeu qui nous échappe de peu

à peine une impression de progression particulière
vers un horizon fuyant où le bonheur serait tapi

Le néant t’apprivoise à mesure qu’il absorbe les quelques repères branlants qui limitent ton esprit
les désirs de rancune, de lutte, de succès
et jusqu’à ta volonté

La caresse du vide a fait frémir mon âme
le vent de la solitude a balayé ma chair
y créant un espace pour loger ton sourire ton regard insondable et puis tes doigts rieurs

Place un mot de douceur pour contrer le tourment
qui résiste à mourir dans nos imaginaires
l’impossible langage en guise de courant d’air
enfin ramène nos cœurs au présent

 

callig-tibetaine-paix

Des haltères

j’avais soif
j’ai rempli une chope d’eau claire et l’ai posée en plein sur la trajectoire de la lumière
d’où l’aurore boréale sur papier recyclé
une des infinies beautés de l’univers

j’avais peur
au point d’essayer de contracter des assurances affectives
mais le vent n’a fait que m’ébouriffer sans s’arrêter sur moi
à force
j’ai pu apprivoiser la malice d’éole
pour trouver mon repos dans l’incertitude

l’amour est ce chemin de vie qui ne t’a jamais appartenu
on entre en religion pour trouver le chef d’orchestre
et quand arrive la rencontre
on n’a plus rien à redire

utilité

quand

quand la conscience respire
après une retenue
qui se compte en années ou bien en millénaires
quand la conscience respire
les poumons deviennent arbre
l’arbre devient oiseau
et l’oiseau devient pierre
quand la conscience respire
tu deviens le firmament qui surplombe la colère
tout en veillant sur l’anguille
la murène et le jasmin
et te piquant aux aiguilles qui t’aiment dans les bottes de foin

quand la conscience respire
c’est la planète qui tourne
c’est le jour qui se fait nuit
et la nuit accessible
c’est l’antique confusion que murmurent les contraires
qui sombre dans cette eau que rien ne peut altérer
c’est le sort qui se rattrape
lancé depuis un temps qui n’existait pas encore

quand la conscience respire
c’est le faire qui devient souple
c’est le dire qui devient terre
c’est l’amour qui se fond et la mort que l’on désarme
sans pour autant lui retirer sa qualité première
sans même le vouloir
et tu as pied dans l’abysse
et te cogne parfois au ciel
et tu te sens penaud-e de découvrir si tard
la vraie hauteur de l’humanité
dépouillé-e de toute fierté alors tu piques un fard
sans te cacher

quand la conscience respire
tu prends de grandes goulées de peur que ça ne s’arrête
jusqu’à ce que chaque moment soit un horizon de paix
jusqu’à ce que tu réalises médusé-e
qu’en fait rien n’a changé
 

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Comme en rêve

Comment vais-je pouvoir écrire si je n’ai plus de malheurs ?
Comment vais-je pouvoir écrire si je n’ai plus de souffrances ?
Comment vais-je pouvoir écrire si je n’ai plus de souvenirs ?
Comment vais-je pouvoir écrire si je n’ai plus de désirs ?
Comment vais-je pouvoir écrire si je n’ai plus d’espoirs ?
Comment vais-je pouvoir écrire si je n’ai plus d’amour ?
Comment vais-je pouvoir écrire si je n’ai plus d’illusions ?
Comment vais-je pouvoir écrire si je n’ai même plus de mots ?

Comment vais-je pouvoir

Comment vais-je

Bien.

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Vagénialement vôtre

J’ai un vagin
Un vagin c’est fait pour être pénétré
Sinon ça sert à rien
C’est pour ça les lesbiennes ça sert à rien
Car tout le monde sait que les lesbiennes elles se font que des bisous tout doux

J’ai un vagin
Un vagin c’est fait pour être pénétré
Les gens qui ont des vagins sont en général identifiées comme femmes
Une femme est faite pour être pénétrée
Etre pénétrée c’est humiliant
Une femme est faite pour être humiliée

Etre pénétrée c’est humiliant
C’est pour ça que traiter un homme de femme c’est l’humilier
C’est pour ça qu’imaginer un homme qui se fait pénétrer c’est dégoûtant
C’est pour ça que les PD sont des repoussoirs
C’est pour ça que les PD font peur
Ils se laissent pénétrer
Humilier comme des femmes
Les PD sont comme des femmes
C’est pour ça que PD c’est une des pires insultes

Va te faire enculer
Oh oui merci j’adore

Il n’y a que les PD qui se font enculer
Et les femmes
Celles et ceux dont la fonction est d’être humilié-e-s donc
Il n’y a qu’elleux pour accepter d’être ainsi rabaissé-e-s
Les femmes et les hommes qui n’ont pas de dignité
Et les électeurs
Qui se la prennent bien profond

Donc dire que le gouvernement nous encule
C’est insultant parce que
Et uniquement parce que
Etre pénétré-e est la pire forme d’humiliation possible
Peut-être y penseras-tu
Avant de visiter ta femme
Toi l’hétéro rebelle
Dont la plupart des punchlines sont des outrages à la liberté d’aimer
Toi le révolutionnaire
A qui ça ne fait pas peur
De te transformer en oppresseur tant que ça fait rire

Pour ce qui est de la réflexion
Depuis le temps que nous subissons
Nous qui avons un vagin et un anus doté ou pas d’une prostate
Cette métaphore lamentable qui nous maintient au fond du trou
Au lieu de nous en sortir

Je crois que l’ampleur du cliché est telle
Que c’est la preuve que vous en avez fait l’économie
De la réflexion

Allez donc vous faire aimer tous autant que vous êtes
Par tous les cœurs et par tous les trous si ça vous chante
Et apprenez qu’il n’y a rien d’héroïque à tirer avantage
Du sexisme de l’homophobie de la culture du viol
Pour pallier à votre cruel manque d’inspiration.

fleur

À l’heure où la cascade devient colonne de feu

La poésie n’a pas d’histoire

Lorsque notre univers s’est écartelé pour accoucher de lui-même
C’est la poésie qui décida d’attendre
Avant de créer le temps

La poésie n’a pas d’histoire
Elle se révolutionne en continu
S’efface pour faire place à sa lumière
S’expose pour faire face
S’explose pour faire trace
Et recommence

Elle ne demande pas de salaire
La poésie est vitale comme l’air que l’on inspire
Et ne se nourrit que d’elle-même
Comment payer l’arbre qui te donne le fruit ?
La poésie est pure, accessible à qui veut la voir
D’autres la confondent avec une sorte de discipline
Où l’on marque des points à l’usage de formules
Le visage du style, l’adresse de la rime
Font l’esthète grandiose, plus rarement l’artiste

Iels ont recours à son nom pour ennoblir ce qu’iels aiment
Mais iels ne la comprennent pas
La poésie n’a soif de rien certainement pas d’argent
C’est un geste sublime qui donne la vie et la mort en même temps
C’est une idée plus qu’une image
C’est un principe plus qu’une idée
C’est la cause et conséquence de toute forme de beauté

Comme une spirale mathématique
Ou la couleur d’un soleil qui s’étale et s’éteint
Sur l’horizon languide
Reflétant nos valeurs et nos espoirs permis

La poésie te demande un effort
Car elle s’adresse à ton meilleur
A ta soif nécessaire
Une fois posée sur ta langue elle sublimera même tes douleurs
On ne l’apprend pas on naît
Avec la poésie dans le coeur
Peu importe à quel âge

Elle seule te consolera sur ta dernière couche
L’amour est son enfant
Et Dieu sa conséquence

Elle dessine ton sourire quand le néant te touche
Préserve ton désir de beauté
Quand on veut te faire croire qu’il y a plus important

C’est une peau autour d’un sens
Pour le profane aléatoire
Si elle t’a fait l’honneur de te prêter la vie
Tu ne cesses de rendre grâce
Au point que tourmenté-e par des forces adverses
Tu renonces d’un souffle à tout ce que tu es
Pour lui faire plus de place en ton âme

Tendresse brûlante et d’une banalité poétique.

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