Noir sur blanc

par Istina

Noir sur blanc
J’écris ces lignes insolentes
Pour faire parler les survivants
D’un continent qui les enterre
Parce que l’or noir
C’est la sueur de ces hommes qui ne perdent pas espoir
Et qui s’embarquent encore dans des galères
A force d’y croire
L’or noir
C’est le sang qui coula pour édifier la gloire des blancs
Et dont le rouge suinte le long des monuments
D’une touche de bleu ils ont maquillé notre histoire
Mais en vain

Noir sur blanc
Je crie quelques mots dans le vent
Ils semblent dérisoires
Mais nous savons
Que si l’air est au courant de nos projets de révolution
Il portera le message
Pour que le rêve se propage
Comme une contagion
Nous savons
Que les palabres traversent les pays
Surtout quand ils parlent de paix

Noir sur blanc
Je décris ma vision d’un continent qui nous éblouit de sa splendeur
Cela voudrait dire
Que l’on aurait purgé les manuels scolaires de toutes leurs erreurs
Que la justice aurait les mains déliées
Les crieurs de vérité seraient débarrassés das bâillons de la censure
On ferait des feux de joie de tous les bulletins de vote truqués
On danserait autour
Les enfants poseraient leurs armes
Pour aller jouer comme des enfants
La parole des anciens serait gravée dans le marbre de la mémoire collective
La terre appartiendrait à ceux qui la cultivent
Et non pas
A de puissants propriétaires
Planqués derrière des multinationales qui ne sont pas venues chez nous par hasard

Noir sur blanc
J’écris ces lignes comme des ratures
Pour ternir les odieuses dictatures
Mais en Europe, ils caricaturent
La démocratie
Ici
Des hommes du fond de leur palais se jouent de nous
Tandis que des peuples survivent à genoux
Et si notre héritage entre dans leurs calculs
C’est au musée
Pour se branler devant la beauté de nos arts pillés
C’est notre âme qui est vendue au moins offrant
C’est l’amertume d’être écartés de ces idéaux qu’on croyait français

Noir et blanc
Dans mes veines
Se confondent et s’alternent
Et ce conflit
Est le reflet de leur affront à l’humanité
Au fond
Ils tombent encore pour la France
Au front de la mondialisation économique
Le sol s’imbibe un peu plus chaque jour du sang de notre Afrique
afrique1

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