Duelle

par Istina

Dans un même élan
J’aime et je méprise
Je me lâche et me maîtrise
Je désire comme je respire
Je vous attire pour mieux vous fuir

Je me suffis à moi-même
Je me sens vivre quand on m’aime

J’ai dans mes doigts de la magie
Sur mes lèvres une poésie
Ma peau douce est une écorce
Sous laquelle coule une sève féroce 

Je peux te guérir mais
Je veux en fait te voir mourir
Pour renaître à un monde où le désir
A la force des rêves que l’on plante au soleil
Un monde où ton âme enfin s’éveille
Et où tu danses avec ton corps
Car la crainte de la mort
N’a plus de raison d’être 

Je peux 
Faire vibrer tous tes sens
Et te faire perdre ton sang-froid

Mais on en a brûlé des sorcières
Pour moins que ça 
Je suis une lionne fière
Esseulée

Avec les fils de mes doutes
Je tisse ma route

Quelle vérité se dessinera
À la fin du canevas ?

Âme infidèle
Sauf à moi-même
Et à des sentiments que tous ne comprennent pas 

Je suis
Une femme
Là est mon drame
Là est ma flamme
Là est la source de mon combat

Quand dieux et démons se disputent le chemin sous mes pas
Je voudrais juste pouvoir sortir de là 

Je rêve d’une puissance franche
D’un verbe qui tranche
D’abattre l’oppresseur à l’aide d’une arme blanche

Mais mon cœur flanche

Je tiens le stylo comme un poignard
Et avant de frapper je sais qu’il est trop tard

Votre injustice m’a déjà vidée de mon propre sang
J’ai vu périr ma dignité sous vos jugements 
Je suis libre
De donner mon corps
Si j’aime le corps à corps
Si je raffole de ces puissants accords

Je sais mon besoin de changer la partition
De la mélodie de l’amour
Qui nous chante encore la même chanson
Du «que toi pour toujours»

Mais les fausses notes trop fréquentes
Dénotent une évidente
Discordante dysharmonie

Alors je change de clé
Pour une nouvelle symphonie 

Je suis
Un instrument
Celui de ton plaisir
Ou bien de ta fierté

Je me rappelle avoir aimé
Être ainsi exhibée

Mais que je vibre sans tes doigts
Telle une harpe au gré du vent
C’est l’instrument de ton pouvoir
Qui t’échappe en un instant

Je suis 
Parfois
Ta chose
Je me rappelle avoir aimé… 

Souvenirs d’un esclavage trop librement consenti
Et aujourd’hui dans mon évasion
Je voudrais t’emmener
Je voudrais tant mener notre histoire sur d’autres sentiers
Où nos cœurs restent entiers 

Je suis
Tellement désolée
D’infliger de la peine
A ceux qui tiennent à leurs chaînes
Même pour aimer 

Je suis
Une lionne fière
Mais sage

Je calque ma vie
Sur mon message

Et si je souffre
Si j’ai trop mal
Je mettrai par écrit
Mon cri primal
Qui est un cri
De détresse
D’une douleur animale
C’est la colère
D’une femme 

Un cri de liberté

th (8)

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