par Istina

Je reprends le cahier où j’inscris ma vie
En ignorant les pages arrachées lors des jours de tourment
Mon avenir est vierge car je suis le Verbe qui me programme sur l’infini présent
Tout est possible lorsque mes limites sont privées de ma croyance en elles

Depuis toujours imperméable à l’injonction d’accepter le désespoir comme partie de l’homme
Je reste une femme en proie à des dilemmes
J’ai trop souffert pour ignorer la saveur de la haine
Suis trop têtue pour accepter la fatalité de son jugement
Quand les cœurs crèvent d’acrimonie
J’écris les larmes âcres que nous versons tous en silence
Les cris de l’innocence

Tous des enfants bafoués qui nous cherchons un souffle
La révolte que l’on étouffe se brûle parfois dans des carcasses de métal
Se glisse dans une larme ou déchire une chair
Écartelée par un plaisir barbare
Ma main tremble et je barre les lignes qui écrivent le viol
Ultime résistance à l’innommable je bâtis une armure de mes mots
Je rassemble ma plume pour que se nomment les morts qui remplissent les cimetières
À coup de ratures je refuse la dictée de l’enfer qui se répète chaque jour
Cautionnée par un imaginaire où l’amour crève sur un lit de dollars
Et que restera-t-il si l’on lève le voile
Si les étoiles se rallument dans les yeux qui ont trop vu le sang

Avec la perversité d’une Parole sainte
Le message se distille renforce nos chaînes mentales
Et l’on oublie que l’on peut voler dans les plumes
D’une étincelle provoquer le réveil

Nous sommes à l’aise dans le noir nous qui n’avons plus rien à craindre
Sauf nous-même

Ma plume s’égare à nouveau dans la colère et me rend ivre, à force de taire la page cachée de mon livre
Silence sur la blessure qui m’a donné le goût de tuer
Abrutie par la peur le cœur nu sans défense tremblant hébétée devant l’indifférence inhumaine à mon sort
Moi qui suis comme vous de chair animale
Je saisis l’instinct de haine je le sens dans mes veines
Vous qui m’avilissez je vois vos vies qui se dévident
Vous suivez les consignes pour fuir le vide de vos consciences
Dans toutes les strates on s’étripe de façon médiatique,
Variantes autour du thème de la déchéance
Dans cette mise en scène de la Divine Économie
Très peu d’acteurs sont payés
On crève à plus ou moins long feu mais l’on brûle tous à la fin
C’est très joli cela s’appelle l’Apocalypse
Dans tous les livres ils disent que c’est inévitable
Dans les langues mortes des religions sans foi ou des palabres boursiers

Sans dévier du but je relie l’inconciliable
Il y a 7 textes cachés dans ce fervent poème

Je ne crains pas le soufre
J’ai fait le deuil de mon orgueil au pied de tant de tombes
Éradiqué la peur en côtoyant des ombres
Repris courage en estimant leur nombre
Que tremblent les puissants devant leur imminence
Je les vois surgir du fond de leurs ghettos
Dans leurs destins qui crament ils cherchent un sens au crime
À grands renforts de rimes nous abreuvons vos âmes désertées
Pour la résurrection de l’Amour majuscule

resurrection

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