De sable, de cendres

par Istina

Au nom de tous les dégénérés de l’existence
Au nom de ceux dont les désirs furent souillés
Dès les premiers châteaux érigés dans l’enfance
Au nom de ceux qui n’ont pas su
Ressusciter leurs rêves déchus
Qui ont vu leur assurance aspirée par des sangsues
Sans savoir que faire
Au nom de ces aspirants à l’évasion
Qui s’égarent dans les couloirs de l’enfer
En croyant trouver l’éden

Je laisse parler mes veines qui s’ouvrent
Et la haine que je couve suinte en silence
C’est le pus de nos peurs

Au nom de l’absence
Pour l’enfant affamé de tendresse
Sur qui pleuvent les coups
Pour la femme avide de caresses
Que l’on traîne dans la boue
Pour l’être humain en quête de liens
Qui ne trouve que des chaînes

Au nom de l’indifférence qui règne en France
Face à ces sévices indicibles dont nous sommes les cibles
Je viens troubler vos rêves de notre cauchemar fou
Narguer votre monde illusoire dont je connais les tréfonds
Je viens graver dans ce grimoire
Les volutes insolites d’une nouvelle grammaire
Pour que pèse sur vos âmes jusqu’à son dernier gramme
Le poids d’une vérité
Une parmi tant d’autres

Au nom de l’armée qui sourdement se soulève et s’avance

Dressés sur l’arête cachée du chaos
Nos faces ruissellent de souffrances
Et dans les ténèbres on cherche la lumière du sens

Au nom de tous les possédés d’une rage régulière
Souveraine colère entêtée comme un refrain
Qui vous fait parfois serrer les poings

Au nom de tous ces matins gris
De ces journées de peu
Où nos ailes toutes rabougries
Ont failli nous lâcher, pour un peu

Je laisse parler mon cœur qui se découvre
Et l’espoir que je couve grésille en silence
Je prie pour que nos paroles brûlent les racines de nos indifférences
Et sur ce lit de cendres
Qu’advienne la renaissance

château de sable

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