Automne

par Istina

Tout tombe, tout rougit, tout pourrit, tout meurt.
L’automne a toujours été la saison de mes nouvelles amours. Comme si à mesure que la nature autour de moi s’étiole, quelque chose dans mon cœur résistait assez fort pour attirer la rencontre, un élan contraire au rythme qui m’entoure, quelque chose qui veut naître alors qu’autour…
Tout tombe, tout rougit, tout pourrit, tout meurt.
J’aimerais que mon ego de même se débarrasse de ses peaux mortes… Toutes les couches d’orgueil, de vanité, de prétention, d’égoïsme et de lâcheté tomberaient au sol et je les piétinerais d’un pied joyeux, pour célébrer une nouvelle saison, de pureté immaculée. Mais je ne suis pas un arbre… Mes racines sont floues, mon feuillage confus… La transformation, je l’observe mais mon cœur, ce fossile, ne peut pas se joindre à l’allégresse ambiante, une allégresse de cimetière. Car au fond…
Tout tombe, tout rougit, tout pourrit, tout meurt.
C’est la grande leçon de l’automne. Il faut accepter que certaines choses se flétrissent, se rabougrissent, se ternissent, il faut accepter la grisaille du ciel et s’habituer au froid… Promesses de solitude, de décrépitude et de mort. A l’automne de ma vie, j’espère avoir la sagesse de ne pas me rebeller, d’accompagner le cycle et d’accueillir toutes ses couleurs, fussent-elles celles de la dernière pluie. Je voudrais glisser, calmement, dignement, dans l’hiver de l’oubli.

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