Suicidée vivante

par Istina

Suicidée vivante – n’ayons plus peur des mots
Je suis restée pour voir, après le mécanisme de l’échafaud
Ce qu’il reste de la technique brillante qui conduit l’homme au-devant de lui-même
Sur la parcelle la plus brûlante de son être
Après avoir trouvé repos en un autre
Perdu
Égaré dans la multitude des temps

Je suis restée pour voir ces lambeaux de moi-même
Suspendus au gibet du quotidien désordre
J’avais oublié là
Mes goûts mes dégoûts mes leurres mes erreurs
Dans un retour vers un plus ample imaginaire

Délicatement la folie vient caresser mes pupilles
Et je vois
Ce que l’homme ne peut voir
L’impossibilité du temps précoce

Assise sur l’éternel
Je ris
En remplissant mes cahiers de songes de sang et d’eau
La mort entonne sa ritournelle
Et nous salue d’un geste raffiné
Elle écoute

Collision entre terre et mer
Les îles se déchaînent
Les vagues se dépêchent pour me voir suspendue
A un mince filet noir et tremblant
– de l’encre –

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