J’exige

par Istina

La création exige
Du silence
Une accalmie dans la tempête de l’âme
Instants dérobés à la cadence infernale
Pour un temps suspendue
Saisons des vendanges où l’on courbe l’échine
Pour extraire un nectar
Du jus trouble de ses pensées
Et boire la lie de nos peines comme de l’ambroisie

La création exige le joug du devoir et le luxe de la fantaisie

L’humanité exige des poètes
Qu’ils plaquent des rimes au kilomètre sur les paysages défigurés par la souffrance

Mon âme candide
S’est imprégnée du crime d’avoir une conscience
Mais l’impuissance y a creusé un gouffre immense
Qui est refuge
Qui est tombe pour mon corps exsangue

L’humanité exige des poètes
Qu’ils crèvent ou s’engourdissent au chevet de leurs rêves

reve

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