Un roi

par Istina

Sur la dent circulaire qui déchire le temps,
J’écris en petits morceaux le discours d’un roi borgne,
Attaché à ses ténèbres comme au trépas du jour,
Dans une cérémonie de fièvre, d’or et de filaments rouges.

J’arrache des lambeaux de silence à un paysage tiède,
Parsemé de marques nonchalantes,
Et gardé par des fauves imaginaires aux crocs bien serrés sur mon cœur

A travers un soupirail
L’enfant voit
Il boit les couleurs et avale la poussière d’une demi-lune
De la mousse au coin des lèvres
Blanche comme l’écume de l’océan
Il guette le point final pour retourner dans l’abstraction

Mes mots lui tissent une couronne d’orties

Ce roi n’est jamais né,
Ou bien c’était l’année où la tempête l’emporta sur le désert
Son iris couve des flèches
Sa main est désarmée

enfant

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