A force de cuire les images

par Istina

A force de cuire les images
le petit écran propage comme un vent d’habitudes sur toutes nos turpides
se ferment lentement nos yeux baignés de sang
Impitoyable le réel s’étale et obscurcit d’un voile notre étincelle
c’est la barbarie
Nos idéaux sont à genoux
sous le joug du profit tout s’explique et tout s’excuse
jusqu’à l’enfant soldat dont le regard accuse le spectateur endormi
Seuls s’apitoient ceux qui ont le temps, sur une main tendue,
sur une famille qui survit dans une tente près d’un canal de la capitale

A force de cuire les images
un certain rap cristallise l’expression de la rage
qui se fige dans l’attente d’un présent incertain
les rebelles se parodient
et le pouvoir se rit de nous qui payons le prix fort pour prouver qu’on est fous
et qui nous retrouvons dépouillés de tout

A force de cuire les images
la jouissance perd en grade et le sexe se dégrade à tous les degrés
la salope en a honte le libertin s’éteint
sous la branlée de la morale
et nous restons sur nos faims

A force de cuire les images
le poète indigeste et quête dans la violence
du sang frais pour sa bouche.

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