Mon trésor

par Istina

Chaque mot a sa place. Chaque refus son port d’attache. Chaque silence son décor. Chaque note a son temple.

Tout résonne dans le métal. La terre est mate et creuse, elle absorbe.

J’habite dans un écho, sur la tige d’une fleur, une escalade fragile
Je suis là où tu me cherches avec d’autres yeux
Je suis une page vierge, un cauchemar
J’ai piétiné mes impatiences, couru au-devant de la fontaine
Pour choisir ma place au fronton de l’hospice
J’ai tenu bon, moi et ma chair tendre, friable
Résistant comme on pouvait au vent violent du destin
Il s’en est fallu de peu que tout ne se déchire
Pour la dernière fois
Un ultime appel une dernière résistance
Vaincue

Faire étalage de sagesse à la boucherie des sciences
C’était le programme
Voilà qui est fête dira le maraudeur
En quête d’émotions folles
La machine éteinte
Le bol résonne dans l’atmosphère céleste
Mon cœur n’est que brisure de poussière
Et ma foi est fragile
Comme ma main tremble sur ces pages où je me révèle
Futile
Et grave comme une nuit sacrée
La nuit où je t’ai rencontré
Toi le non-dit, le fuyant, le saint homme
Qui m’échapperait quand bien même
Tu serais mien
Toi l’impossible le promis le futur
Et le passé enfui
Enfoui sous des couches d’armures
Des tonnes de doutes qui hésitent
On a voulu me voler ma flamme
Quelques mains ont brûlé de parjure
Mon trésor était bien protégé
Et me voilà dans ma grotte
A le regarder briller pour quelque voyageur
Qui se sera perdu sur le chemin des anges

Mon trésor
Est une flamme froide
Un volcan frigide
Une étoile glacée par l’attente
Avec un cœur de lave

Mon trésor
Est un enfant oublié le long d’une route
Apprivoisé par un renard
C’est
La languissante mélancolie du crépuscule
Qui chante les heures ardues
Ou le fil a failli se rompre
Un peu plus
C’est un miroir halluciné
Une calebasse de terre dorée
Contenant de l’eau de jouvence
Du sang sacré

Mon trésor n’appartient à personne
Et tout le monde le connaît mais j’ai veillé sur lui
Avec la patience d’une louve
Et la gravité suave qu’on parfois les reines
Au seuil de leur vie.
Une goutte une onde voyageant dans l’espace
Dans l’océan des ombres
Stratège de l’impossible
Prodige de la mesure
Une perle de peu qui résiste au pire
Allant d’un pas peu sûr
Sur un chemin de sable
Et dans ce luxuriant désert
Les contraires nous font rire
Ah si je pouvais remplacer
L’ajout par le choix
Je serais noire ou blanche
Tour à tour
Riche ou pauvre
Pour de bon
Et je trouverais grâce aux yeux de ce monde
Armée d’une définition
Délicate impossible armée florale
A la guerre des parfums
J’exhale

pousse

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