Les secrets de l’aube

par Istina

Nous sommes à l’heure où l’aube se dénude
Et les serpents dressés sur leurs tendres carapaces
Dilapident le sermon.
L’heure est venue vous dis-je
Pour les secrets de l’aube

J’étais dans le ventre d’un crocodile mâle
D’une lame de ciseau je me suis accouchée
Un seul tranchant je lui donnais le nom de : Dieu
Serrant l’anneau de ma main qui n’était pas née
je l’appelais Amour, et commis 7 vœux à son encontre dont je vous parlerai
A moins que vous ne soyez là déjà
Car demain se promène au bord de l’eau
Et sur le sable les oreilles sont reconnaissables
Un empilement de nacre et ta narine fait chut…
C’est moi qui reviens

Si la mer est salée c’est que les sirènes ont tant pleuré l’inconscience des marins
Et pour les femmes restées au port
Si je suis partie, sans masque, sans fard
C’est pour avoir été sculptée trop tôt sur la proue de tous ces navires
ou trop tard – ce qui revient de même, c’est le coup du burin.
Et la femme qui ignore pour combien de cons vifs il lui faut cuisiner ce soir.
Met du sel dans l’eau

Les marins aiment prendre des risques stratégiques qui les font veiller tard et leur confère une aura d’importance
Pénélope d’où vient la force de ton sourire ?

D’une passade amoureuse un doux soir d’été
De l’odeur du chocolat de décembre
Du camélia en fleur
D’un prince imaginaire
Du bas-ventre et de sa douleur
D’ailleurs
De la pitié pour le crocodile maroquiné sur les plus belles avenue du monde

Sitôt jaillie du néant
On me fit avaler son chant pour le régurgiter tout le long de vos orteils et ce n’est pas une blague
Croyez-moi
Plus jamais vous ne marcherez pareil dans vos peaux de vache
C’est paisible, une vache
Son regard inquiet n’oppose aucune résistance
Aucune

Par souci d’urgence la lune est venue se poser sur ma langue
Croire avant qu’il ne soit trop tard
Pour savoir au petit matin
Quel jour reste à éclore
De cette nouvelle aube

Crocodile

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