La petite boîte bleue

par Istina

La petite boîte bleue où j’avais planqué mes rêves
A une odeur de moisi
Ce sont les corps des refoulés sur les côtes atlantiques
Où le ressac souffle l’écume de nos vies
C’est la décomposition des voyages en exils
Le fumet putride de nos indifférences alanguies sur le lit de nos vices
C’est cela qui a pourri mes rêves
 
Dans les transports souterrains
Je ne fais plus la différence entre la nuit et le jour
Il ne faut pas dormir. Au premier affaiblissement de ta vigilance
Ils sont déjà sur toi, garants de la bonne conscience,
Griffons de la morale économique
Aigris de toutes les croyances.
Ils te jugeront coupable
puis tireront profit de tes atermoiements
Et spéculeront sur ton agonie…
 
Surtout ne pas laisser pénétrer leur discours aux relents d’impuissance
Plutôt crever les tympans des sourds en chantant partout notre déshérence
Fût-ce en un cri d’agonie
 
Voilà ce que la petite boîte bleue me souffle
 
J’ai bien grandi

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