Vivants

par Istina

Sur les rives ensanglantées d’un Eden scarifié
Nos rêves viennent s’échouer transpercées par les lames de critiques désincarnées
Des hurlements parcourent la plaine
Des fantômes enlisés dans la peine
Tandis qu’une fumée cloutée sort de nos bouches polluées
Et les palais dévastés
Abritent des rumeurs où le passé se soulage
Défonçant la blancheur de la page
Et la blondeur des plages
Disparaît à force d’exils forcés

Sur la vacance du quotidien souillé
Par le champ lexical de l’abandon et du désespoir
Voilà que je dilue le noir
A défaut de broyer les couleurs sur ma palette rouillée
Où moisissent les relents de mon enfance reniée
Parce que dévastée de trop de gravité
Une complainte aigüe sort de ce corps trahi
Déformé par une tentative de rectification moléculaire
Trop souvent oublieux de son propre enfer
Une chanson maudite qu’on pleure depuis la nuit des temps
Depuis que la folie a étendu son impact sur nos mondes
Une mélodie que l’intellect sonde
Comme un intrus dans un univers où nulle raison ne devrait être
Enveloppes larmoyantes de nos âmes proscrites
Déchirez vos chairs dans un élan de survivance
Plongez en renaissance
D’un trépas au suivant puis à la lisière du cri primal
Riez en cascade puis jurez à rendre malades
Les dieux qui vous ont si vite abandonnés
A la première question au premier pourquoi

La liberté se niche dans nos tendres blasphèmes
Aussi aigüe que le réel dans un trip psychédélique
Que la révolte se fiche dans vos trémolos blêmes
Comme dans ce texte sans thème
Tapuscrit testamentaire
Premier des mes derniers écrits
De seconde en seconde la fin se rapproche
Mais le temps ce voleur ne trouvera que des poches vides
Exhumera des squelettes de dinosaures
Restes de mon innocence candide
Sachez que je conchie vos colères civilisées
Car je brûle de ces tourments antiques
Qui déclenchèrent ces fièvres magnifiques
Que l’on peut lire dans le vent de l’absurde
Le souffle m’est compté
Ma muse incinérée
N’a laissé que des cendres en guise de témoignage
Des reflets ambrés sur une flaque de feu
Une claque ombrée sur un lit de ténèbres
Le soupir bleuté d’un démon polymorphe
Je me sens habitée par toutes les catastrophes
Et mon cœur reste là
A palpiter sans joie dans un océan de prunelles avides
Habité par les relents des songes de nos ancêtres
Ce sont les sphères des inconsciences
Que l’on visitait de notre plein gré
Et nos squelettes tatoués
Nos ambitions marquées
En guise d’horizon pour notre descendance
Seront la damnation qui serviront de guide
Comme nous avons suivi les plus sinistres druides
Pour nous guérir d’êtres vivants

 

horizon

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