Faux lit

par Istina

Je connais la couleur de la folie
Le relief mordoré d’une étoile aux arêtes très précises
La furieuse diagonale qui biaise toute perception
Le cratère, le rivage, l’abysse et sa perfection

Je connais
Le goût du soufre et le chant que propagent les nuages
Pour avoir parcouru l’échelle des gouttes de pluie
De l’Éden aux enfers, et des ténèbres au Paradis

La folie est une abrupte certitude
Qui lacère chaque seconde comme un astre foudroyant
C’est un langage sacré muet depuis trop longtemps
Et qui danse et qui brûle de tant de solitude

J’ai vécu dans ma chair cette urgence contrariée
La fièvre d’une Cassandre reniant sa vocation
Cruelle dans l’absolu rejet de toute opacité
Impossible à étreindre, dangereuse à comprendre

Porter le fardeau d’une page déchirée
Danser sa dissonance comme on épouse une larme
Faire le deuil de ses armes, du plus certain des charmes
Pour que mon cri se tienne dans l’ordre du quotidien

paradis-sous-un-nuage

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