En nuit

par Istina

Entre mes côtes vit un oiseau de nuit
Dont les yeux sont des lacs résolus
Et le sang plus lourd que l’encre noire
Répandant sa lumière tel un soleil occulte

A partir du silence de l’emprise désolée
Il parvient à extraire quelques larmes pour sa soif
Et puis d’une note à l’autre élabore une trace
Portée en dissidence à chaque nouvel envol

Cet oiseau a la clé des masques de l’effroi
Qu’il dissimule à l’aube au creux de mes racines
Laisse une piste de plumes à l’envers des nuages
Et puis déploie ses ailes pour que naisse le jour

Il lui faudra mourir éventré par l’aurore
En laissant sur ma peau quelque filtre secret
Une saveur qui danse au gré d’un verbe obscur
Inscrit en capitales dans l’air qui nous entoure

Entre toutes mes côtes vit un oiseau de nuit
Qui partage l’espace d’un papillon diurne

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