quand

par Istina

quand la conscience respire
après une retenue
qui se compte en années ou bien en millénaires
quand la conscience respire
les poumons deviennent arbre
l’arbre devient oiseau
et l’oiseau devient pierre
quand la conscience respire
tu deviens le firmament qui surplombe la colère
tout en veillant sur l’anguille
la murène et le jasmin
et te piquant aux aiguilles qui t’aiment dans les bottes de foin

quand la conscience respire
c’est la planète qui tourne
c’est le jour qui se fait nuit
et la nuit accessible
c’est l’antique confusion que murmurent les contraires
qui sombre dans cette eau que rien ne peut altérer
c’est le sort qui se rattrape
lancé depuis un temps qui n’existait pas encore

quand la conscience respire
c’est le faire qui devient souple
c’est le dire qui devient terre
c’est l’amour qui se fond et la mort que l’on désarme
sans pour autant lui retirer sa qualité première
sans même le vouloir
et tu as pied dans l’abysse
et te cogne parfois au ciel
et tu te sens penaud-e de découvrir si tard
la vraie hauteur de l’humanité
dépouillé-e de toute fierté alors tu piques un fard
sans te cacher

quand la conscience respire
tu prends de grandes goulées de peur que ça ne s’arrête
jusqu’à ce que chaque moment soit un horizon de paix
jusqu’à ce que tu réalises médusé-e
qu’en fait rien n’a changé
 

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