Juste un doigt

par Istina

Dois-je me remémorer leurs rires de mépris
Pour trouver la faiblesse de sombrer dans la haine ?

Ma colère est virile, elle est sainte et sacrée

Dois-je prétendre d’oublier que tout est perfection
A un très haut niveau de méditation
Pour transmettre la leçon ?

Ma colère est vitale
Elle taille dans le vif, elle machette, défouraille
Remet de l’ordre dans la pagaille et de l’espoir dans les familles
En provoquant les coeurs désabusés
En protégeant les plus fragiles des abus

Dois-je visualiser ces gestes tendres d’un père avec sa fille
Sa princesse
Quand il n’approche sa femme qu’à l’heure de la fesse ?

Dois-je expliquer la fin de l’enchantement
La brisure, le tourment

Et l’enfant qui grandit au contact de l’amertume
Ne rêvant que d’un amour aussi fort que celui du père
Qui projette sur elle tout le désir de l’univers
Ignore qu’elle aura mal à force de séduire
Et se laissera finalement détruire par sa première rivale
Sa mère, elle-même
Quelque part entre détresse et soulagement
De voir se prolonger le cycle infernal
De l’amour familial

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