Pride

par Istina

Je n’invente pas
Je me souviens
De ces signes mystérieux tracés par ma main d’enfant
De ces larmes qui supplient le ciel de revenir me chercher
De ma bouche affamée d’absolu
De ces millions de pages que j’ai lues

Je me souviens que la magie me semblait naturelle
Que je guettais dans le miroir la croissance de mes ailes
Que j’embrassais le diable pour lui faire du bien
Qu’il comprenne que l’amour est aussi son destin

Mon coeur m’a transporté vers d’insignes blasphèmes
Me prenant pour un sauveur, un élu, un prophète, une reine
Tout en me sachant plus frivole que poussière d’anges
Je décidais de tout miser sur la voie des sages

Je me souviens
Avoir vu mes propres mots inscrits dans l’Eternel
Avoir frémi d’extase au toucher du soleil
Avoir baisé la lune emprunte de mystère
Avoir tremblé de peine lorsque tremblait la terre

Je me souviens t’avoir rêvé d’une force irréductible
T’avoir cherché partout, entre ces corps, ces peaux cibles
D’avoir cru te trouver dans chaque âme sensible
Pourront en témoigner les acteurs de ma Bible

Je n’invente pas le suprême espoir rencontré
Autour de ta silhouette, de tes bras, ton regard
Ni les caresses, ni les baisers que tu me rendais
Je sens encore cette grâce incrustée dans ma chair

Je sais par conviction que demain sera meilleur
Car la vie me fait un cadeau par ta simple existence
Pour d’autres un ami, un frère, un fils, un père
Pour moi le miracle qui justifie toutes mes souffrances.

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