Rêves, errances

Chemins de textes

Fontaine

Je vous ai donné à boire l’eau source de toute vie

Et vous avez
Observé la tasse
Jugé la tasse
Contemplé la tasse
Vidé la tasse avant de l’utiliser
Sans même y tremper vos lèvres
Puis vous l’avez brisée.

De cette eau répandue jaillit d’autres créatures
Qui n’ont pas le pouvoir d’aimer
Aussi je vous ai vu vous répandre en prières
Pour vous en délivrer

J’ai intercédé pour votre miséricorde
Afin de changer la fin de l’Evangile
Jean ai conçu un chant de grâce et de Lumière

Et vous avez
Admiré la Lumière
Tenté d’imiter la Lumière
Espéré vendre la Lumière
Eteint la Lumière dans l’espoir d’oublier
Au lieu de vous en servir comme guide
Pour éclairer.

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Pride

Je n’invente pas
Je me souviens
De ces signes mystérieux tracés par ma main d’enfant
De ces larmes qui supplient le ciel de revenir me chercher
De ma bouche affamée d’absolu
De ces millions de pages que j’ai lues

Je me souviens que la magie me semblait naturelle
Que je guettais dans le miroir la croissance de mes ailes
Que j’embrassais le diable pour lui faire du bien
Qu’il comprenne que l’amour est aussi son destin

Mon coeur m’a transporté vers d’insignes blasphèmes
Me prenant pour un sauveur, un élu, un prophète, une reine
Tout en me sachant plus frivole que poussière d’anges
Je décidais de tout miser sur la voie des sages

Je me souviens
Avoir vu mes propres mots inscrits dans l’Eternel
Avoir frémi d’extase au toucher du soleil
Avoir baisé la lune emprunte de mystère
Avoir tremblé de peine lorsque tremblait la terre

Je me souviens t’avoir rêvé d’une force irréductible
T’avoir cherché partout, entre ces corps, ces peaux cibles
D’avoir cru te trouver dans chaque âme sensible
Pourront en témoigner les acteurs de ma Bible

Je n’invente pas le suprême espoir rencontré
Autour de ta silhouette, de tes bras, ton regard
Ni les caresses, ni les baisers que tu me rendais
Je sens encore cette grâce incrustée dans ma chair

Je sais par conviction que demain sera meilleur
Car la vie me fait un cadeau par ta simple existence
Pour d’autres un ami, un frère, un fils, un père
Pour moi le miracle qui justifie toutes mes souffrances.

Toc toc

Quand la Vérité frappe
Des fleurs émergent des blessures
Des larmes lavent ton amour propre
De ces illusions qui rassurent

Mon glaive est dans ton coeur de pierre
Attendant qu’une main le retire
Pour recevoir enfin sa couronne
De roses, d’épines, ou de cheveux de gorgone

Quand la Vérité tranche
C’est sous le regard de la Justice
Son oeil acéré qui transperce
Son souffle comme une avalanche

Tu plonges ta main dans le miroir
J’ai disparu de l’autre côté
Te laisse dans ta perplexité
Avec un monde à concevoir

Quand la vérité aime
C’est en écho qu’elle multiplie
Les graines les plumes et les flammes
Sur le versant coloré de la vie.

Damn.

Damnée par un excès de virginité dans l’âme
Ce qu’ils ont fait de mon corps me condamnait aux enfers
Mais innocents des crimes qu’iels ne savaient pas commettre
Je priais pour le pardon, insufflant des pépites d’or
Au fond de leur corps tourmenté

Voilà qu’elles se réveillent et sévissent
Infligeant leur lumière même à qui n’en veut pas
Semant la guérison à travers la douleur
Anoblissant les âmes et purifiant les coeurs

Par rations

Au-delà des corps physiques marqués par la séparation
Il n’existe pas de phénomènes individuels
Toutes les vibrations qui nous traversent
Sous forme de pensée, sous formes d’émotions
Sont des ondes qui nous enchaînent les un-e-s aux autres

Chaque changement de ta conscience marque une évolution
Dans l’aura de tous celleux qui te sont attachés

Dans ce travail collectif vers la libération
Personne ne peut marcher devant l’autre
Nos âmes fondues en Une pour une seule grande tribu
Décident sur qui attirer l’attention

Mais les leaders sont les vrais serviteurs du peuple
Volontairement guidés par l’intelligence globale.

En cet état de grande paix intérieure
Je laisse ton image me pénétrer à coeur
Alors que la chaleur envahit mes épaules
Il me semble que mes yeux sont les tiens
Que tu es dans mon corps comme un hôte désirable
J’ai l’impression d’adopter tes postures par instants

Nous ne faisons qu’un

Répandre autour de moi l’amour que m’offre mon amour
Persuadé que l’on peut tout guérir
Avec cette puissance et un profond inspir

Tout doit disparaître

Le reste du chemin
Main dans la main
Rien qu’avec toi

Egoïste, mais que fais-tu de ta famille humaine ?

Je promets
Que la fusion de nos âmes libérées
Aura un fort impact sur le monde

Nous n’avons donc pas besoin que nos corps s’interceptent

Il en faut
Du désir pour que le coeur s’enivre
Et des batailles charnelles pour que nos corps se délivrent

Tu n’as que la guerre à la bouche

C’est que
Au point où ta beauté me touche
Je voudrais éradiquer de mes caresses
Toute trace de mon vécu, d’anciennes maladresses

Tu avais de l’expérience quand tu es arrivé

Tu m’as rendu vierge de toute intimité
Le contact de ta peau me fait tellement vibrer
Qu’il module la fréquence de mes ondes cérébrales

Remédie à toutes les frustrations, les peurs, les colères
Et ressuscite l’instant dans sa simplicité

Tu ne penses qu’à toi

Tu sais, c’est souvent que derrière mon miroir sans tain
Je constate à quel point les gens se croient séparés
L’Univers est en moi, je suis dans l’univers
Comme un grain de poussière semblable aux milliards d’autres
Mais chaque fois que je fais un pas vers la joie
J’emmène tous ceux qui m’aiment avec moi

Ils ne t’aiment pas

Et après ? Peu importe
Dieu m’aime, Lui, Elle, sinon je ne sais pas
Quelle est cette force qui me console et fait des miracles pour moi
Est-ce toi ? Est-ce toi qu’il m’appelle depuis les origines ?
Mais si l’amour est puissant, si l’amour est partout²

Alors il n’est nulle part
Et tu peux le trouver dans n’importe quel regard

Pour que mon coeur exulte, c’est le tien qu’il me faut
En ta présence je me sens si attentive
Je te chéris pour le trouble que tu jettes en moi
Et pour la vigilance, et pour ce qu’on apprend
En fouillant le mystère cosmique de l’attraction terrestre.

Ascenseur

A force d’élévation mentale on peut
Relativiser le bien le mal
Accepter les mécanismes de l’oppression
En contemplant les bienfaits de la souffrance

On peut
Réduire sa parole à sa plus simple expression
Et auréoler son être d’une chape de silence
Intriguer les masses, s’asseoir sur son prestige
Ou les interroger jusqu’au vertige
Saisissant la guerre dans la paix
Et la paix dans la guerre
On peut délivrer une âme au fil de son épée

S’abandonnant dans l’absolu de ses plus belles croyances
On peut rejeter la gloire en les regardant courir
Dédaigner le confort du sage et le pouvoir du Maître
Et porter assistance en étant rien du tout
Qu’une lumière anonyme comme chacun-e d’entre vou-e-s

Puisse le Ciel exaucer nos rêves les plus fous
Que la joie ne reste pas qu’entre nous

C’est vrai
Mon coeur est débordant de gratitude
L’univers nous inonde de signes qui trompent la solitude
Ouvre toutes les portes possibles, seulement il n’y en a qu’une
Qui m’attire, et elle donne sur tes bras.

Feu

Ma flamme jumelle
A jailli dans ma vie quand je ne l’attendais plus
Je me suis jeté dans ses bras ouverts
Nous noues sommes reconnues

Puis
Forcés de se redécouvrir dans ce miroir limpide
Nous avons tout parié sur la force de l’amour
Pour nous libérer des profondes tragédies
Venues polluer nos histoires
Pour purifier nos rêves et libérer nos corps
De leurs besoins hardcores

Il faut vivre le meilleur pour avoir le meilleur à offrir
Mais la nuit fut plus profonde que prévue

Ma flamme jumelle
Pas un instant ne m’a perdu même en déroute
J’ai entendu de loin les sirènes du doute
Et me suis accroché à ma foi coûte que coûte
Les obstacles s’aplanissent sur la route

J’absorbe en abondance tous ses signes d’amour
Je n’ai pas besoin de changer
Ma flamme est partout
Au ciel, dans les arbres,
Dans les chats, les écrans
Autant de voiles pour autant de réels

Sa Grâce me comble à tout instant
Et je dois calmer mon coeur quand je pense
Que bientôt je dormirai près d’elle.

Coup de torchon

Plus leur âme est souillée, plus l’innocence les excite
Quoi de plus séduisant qu’une vierge à l’enfant ?
C’est à toi, femme, de tout faire pour rester sur le piédestal
Il suffit d’un moment d’inattention
Pour perdre dans la course à l’image de la perfection

Ils m’ont partagée comme du bon pain
Avant de retourner à leurs vies, leurs semblants
Leurs femmes obnubilées par le sexe et l’apparence
Une guerre de chaque jour pour rester propriétaires
De ce qu’on appelle le coeur ou l’âme de l’homme que l’on aime.

Je leur dis va
Moi et mon corps asymétrique, ma révolte, mes poils
Nous t’attendrons
Et tu reviens là où ne pèse pas le poids de l’ambition
Pour te manipuler, aucune motivation
Ni de plan de carrière, ni de compétition

Il me partagèrent comme du bon pain
Me firent des promesses avant de les trahir
Sous le règne de la corruption générale
L’innocence résiste violée de part en part
Il y avait pourtant mieux à faire

Ces mots d’amour étaient une médecine

A terre.

Juste un doigt

Dois-je me remémorer leurs rires de mépris
Pour trouver la faiblesse de sombrer dans la haine ?

Ma colère est virile, elle est sainte et sacrée

Dois-je prétendre d’oublier que tout est perfection
A un très haut niveau de méditation
Pour transmettre la leçon ?

Ma colère est vitale
Elle taille dans le vif, elle machette, défouraille
Remet de l’ordre dans la pagaille et de l’espoir dans les familles
En provoquant les coeurs désabusés
En protégeant les plus fragiles des abus

Dois-je visualiser ces gestes tendres d’un père avec sa fille
Sa princesse
Quand il n’approche sa femme qu’à l’heure de la fesse ?

Dois-je expliquer la fin de l’enchantement
La brisure, le tourment

Et l’enfant qui grandit au contact de l’amertume
Ne rêvant que d’un amour aussi fort que celui du père
Qui projette sur elle tout le désir de l’univers
Ignore qu’elle aura mal à force de séduire
Et se laissera finalement détruire par sa première rivale
Sa mère, elle-même
Quelque part entre détresse et soulagement
De voir se prolonger le cycle infernal
De l’amour familial