Rêves, errances

Chemins de textes

Tag: amour

Des haltères

j’avais soif
j’ai rempli une chope d’eau claire et l’ai posée en plein sur la trajectoire de la lumière
d’où l’aurore boréale sur papier recyclé
une des infinies beautés de l’univers

j’avais peur
au point d’essayer de contracter des assurances affectives
mais le vent n’a fait que m’ébouriffer sans s’arrêter sur moi
à force
j’ai pu apprivoiser la malice d’éole
pour trouver mon repos dans l’incertitude

l’amour est ce chemin de vie qui ne t’a jamais appartenu
on entre en religion pour trouver le chef d’orchestre
et quand arrive la rencontre
on n’a plus rien à redire

En sursis

L’espoir en suspension comme un lustre fragile
Constitué d’ailes de papillons brûlés par la lumière
Diaphane chanson égarée dans l’éther
Composée des éternelles promesses de l’aube
Éphémère assurance d’un avenir radieux
Qui laisse mes noires prunelles éblouies pour de bon
Incapables de discerner l’illusion du présent

Rayon doré qui transperce douloureusement ma chair
Une perle de joie prête à se déverser tranquille
J’accouche dans la douleur de visions d’absolu
Le manteau de la passion m’enveloppant comme un suaire
Au sol les empreintes de mes carcasses passées
Au ciel les éclats tout cassés de mes rêves étoilés
Diffusent leur lueur altérée par mes ombres

Une mélodie nocturne berce mon âme mélancolique
Condamnée au tourment par un vieux sortilège
Jeté négligemment d’une passerelle entre les mondes
A la lisière d’un horoscope taquin et brouillon
Une bulle éclate sereine au sein de ce mystère
Une goutte de sang jaillit du tronc d’un arbre noueux
Ma chair ira nourrir les roses carnivores

Murmure glacé du temps qui se faufile en douce
Incompressible défi pour la plume qui frémit
La touche nécessaire d’inconscience qui soulage
Et le regain de sens qui fait percer le jour
Un sourire monstrueux à graver dans l’écorce
Au firmament du désir un soleil de trop
Un bouquet qui expire de toute son élégance

Les prières se consument au bord de lèvres closes
Et les espoirs s’éteignent de leur richesse insoutenable
La force d’une volonté dressée dans la tempête
Le dérisoire d’une plainte par trop fardée d’ennui
Une flamme qui s’évapore dans l’attente doucereuse
Une louve qui tremble dans son profond sommeil
Un joyau qui scintille laborieusement

Illusions qui tombent en pluie sur des statues vivantes
Démence générale, folies particulières
L’assistance magique de quelque somptueux hasard
Procure son réconfort aux marcheurs du chemin
Destinataire confiant d’une lettre égarée
Jardinier solitaire aux récoltes secrètes
Êtres en luttes singulières et profondes

Rires surexposés aux caprices des astres
Cascades de sentiments sur les terres du déni
Racines aquatiques pour une cime céleste
A travers le miroir l’évasion programmée
A travers son unique, se découvrir pluriel.le
Se prendre pour une fleur en toute exhalaison
Se planter en beauté.

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Fi d’elle

Sur mes lèvres de velours
Dépose ton empreinte fraîche comme la pluie
Humide comme la rosée sur le pétale froissé de l’aurore

Sur mes reins
Impose ton impact léger comme la neige
Qui tombe un dimanche soir sur une vallée perdue
Assourdissant vacarme

Pour te désaltérer je t’offrirai des larmes que la joie fit couler

Sur ma peau
Promène ta paume à l’étonnement perpétuel
Et que tes doigts tambourinent délicatement
Pour annoncer leur arrivée solennelle dans l’antre de la joie

Que ma plume fébrile
Se fasse l’écho de la magie nocturne
Et psalmodie la promesse que je fis au désir
De ne pas t’appartenir

J’appartiens à la lune aux collines aux étoiles
Et tu es l’océan, mes formes se dévoilent dans ton reflet

J’appartiens au silence à la nuit ou au temple
Où je t’ai vu t’agenouiller
Pour implorer le salut que je méprise
Dans une jouissance volubile

De ma langue
Je chanterai les secrets que tu n’as jamais pu formuler sans t’effrayer de leur puissance

Et mon ventre sera
Un lit pour ta rivière
Et tu t’érigeras
En totem funéraire
Et puis nous crèverons
De fatigue et d’ivresse
Et nous nous en irons
Libres de toute promesse

Avec pour unique allégeance
La fidélité que l’on doit à nos sens

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De l’amour véritable

A celleux qui cherchent la sécurité dans l’amour
Je dirai que l’amour est un chemin tumultueux
Sur ce flot d’incertitude qu’est la vie

A celleux qui veulent apprivoiser l’amour
Je dirai que l’amour est un roseau sauvage
Que l’on ne peut dompter sans le dénaturer
Et le départir de sa beauté originelle

A celleux qui cherchent à enfermer leur amour
Je dirai que cette émotion ne souffre aucune cage
Et que les liens qu’on lui attache ne font que nous éloigner de l’amour

Car l’amour est un torrent que l’exigence assèche
Pour y tremper ses lèvres il faut se mettre à genoux

Et l’amour est une montagne dont on n’atteint jamais le sommet
Il faut lever les yeux vers elle tout en sachant
Que notre vie ne suffira pas à en faire l’ascension

Son chemin est parsemé de petites attentions
Mais les gestes les plus tendres ne font pas l’amour
Tout comme il ne suffit pas de se couvrir de plumes pour s’envoler

A celleux qui veulent attraper l’amour
Je dirai que l’amour est l’ultime abandon

A celleux qui veulent se souvenir de l’amour
Je dirai que l’amour est l’oubli de soi
Il se fait et se défait en dehors de toute volonté

Enfin à celleux qui veulent se protéger de l’amour
Je souhaite qu’au sein de leur forteresse
Se dissimule une graine d’amour qui percera la pierre
Car l’amour est la goutte d’eau qui vient à bout de l’incendie
Et la flamme qui fait reculer la vague de la solitude

A celleux qui voient l’amour comme un remède
Je ne sais pas quoi dire
Sinon

Que bien des amours portent en elles le poison
Les chaînes et les prisons

Que seul le véritable amour libère
Et que l’amour libère seulement les êtres véritables.

liberte.73179

Toute

Toute la lumière du monde
Gâchée par un silence
Toutes les détresses du monde
Sauvées par une larme
J’espère que je lui manque
Celui que j’aimerai
Autant que je l’attends
Enténébrée de joie

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Réplique

Pour ne pas devenir
Une simple réplique de ce qu’on a connu
J’ai cultivé le doute
Et la perplexité devant l’obstacle
Ne jamais reculer devant l’inconnu
J’explore
Sans jamais trouver de terrain conquis
L’amour se cherche partout
Où la douleur s’écrit
Où nos peines se crient
Où l’espoir réside même en un frémissement

Quelque part
Une mère en détresse lève les yeux vers le ciel
Vers qui se tourner pour la faim de l’enfant
Quelle est cette sorte de gouvernement
Qui laisse mourir les gens ?
Que valent nos vies au regard des puissants
Qui décident pour nous
Des détails de nos existences ?

De loin
Ils semblent faits du même pinceau
Tous ces tableaux intimes
Les étreintes, les disputes et les je t’aime
Obéissent à quelques lois
Qui veulent que l’on possède ou que l’on quitte
Quelle est cette sorte d’amour
Dont un obscur modèle délimite les contours ?

Je suis confuse
Et l’impossible m’appelle de plus en plus fort

duvet

Pardonnez-moi

Pardonnez-moi si je m’isole
Je ne fuis pas des êtres
Mais des situations qui me désolent
Des dialogues de muets
Des ballets d’éclopés qui me tirent des larmes
Au son des chants lugubres qui annoncent demain
On dirait que tous se préparent
A finir comme gibier d’un macabre festin

Pardonnez-moi si je résiste
Je secouerai ces entraves jusqu’à épuisement
Il y a des créatures qui ne supportent pas l’enfermement
Qui se laisseraient mourir plutôt

Pardonnez-moi si je m’éloigne
Il faut de la distance pour apprécier les êtres
Et puis mon exigence est intacte
Pour que brûle le feu des retrouvailles il faut savoir partir
Alors je vous quitte incessamment
Car je ne suis que matière incandescente
Et ces espaces où l’on se cherche sont imbibés d’amour

Si vous saviez comme la tendresse me dévore
Mon âme se parcelle
Et dans ces bouts de miroirs
J’aperçois mon unique
Je l’ai rencontré maintes fois et je sais qu’en chacun de vous
Il y a une part de lui

Pardonnez-moi si je m’envole à tire d’elles
Il est grand temps que je me fasse la belle

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Déraison

Nulle raison de t’en vouloir
Il n’y a que folie d’avoir voulu croire
Que dans l’ombre de tes phrases j’irais me reposer 

Nulle raison n’est venue pervertir mon âme quand je t’ai suivi
Nulle raison n’apaise encore mon cœur aujourd’hui 

Et ce sont tes paroles qui viennent écorcher le soyeux velours
Dont j’avais enveloppé notre a. 

velours miracle bleu marine 520 - Mail

Athée

Athée convertie
Esprit averti
Rage endormie
Larmes serties
Certifiées véritable
Authentique douleur
D’avoir noyé son cœur
Nouvelles couleurs
Pour des émotions pures
Je n’ose plus leur donner le nom d’amour
Tout comme je me refuse
A séparer l’obscurité de la lumière

699406348

Je me souviens

Je me souviens
Du silence
Avant que mon ego ne vienne souiller la page blanche des conceptions de mon imaginaire
Il y avait le silence
L’espace de tous les possibles
J’y voyais
Des histoires d’amour et tous leurs adieux qui n’en finissent pas
J’entendais
Le son de ta voix
Frémir d’un appel dont je ne reviens pas
Alors que j’empruntais cette route dénuée de souvenirs
Je me souviens de ma candeur virginale
Je me souviens que le parcours était semé d’embûches
Et que je n’en ratais aucune
Je me souviens que j’avais le sens de l’humour
Mais surtout

Je me souviens
Du silence
Lorsque je criais à l’aide
Étais-je muette ou entourée de sourds
Je me souviens que je ne croyais qu’en l’amour
Et que j’ai tout donné pour ça
Je me souviens
Du silence
Avant de mourir
Ou de renaître
Tout en clamant des chants de bataille
Le jour c’était la lutte et la nuit la guerre
Je me souviens du silence
De l’extase
Lorsqu’avec la mort et le cosmos réunis
Je dansais sans mon corps
Et je chantais de la voix de l’univers
Je me souviens
En silence
Du temps où je savais me souvenir

univers mystique bis