Rêves, errances

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A l’impossible

Sauve-toi. Tu as les pieds englués dans une mélasse constituées de souvenirs de conventions et autres tourments habituels
Le cœur pris dans un étau d’angoisses et d’espérances
Les mains entravées par le besoin de se lier à tout ce qui pourrait de près ou de loin masquer ton infortune

Mais sauve-toi

Je t’ordonne de te sauver toi-même de puiser dans ta colère l’énergie la volonté de passer outre les murailles érigées par une vue d’apprentissages conditionnés

Je te somme de réclamer ta liberté maintenant nonobstant le peu de cas qu’en font ces autres qui t’ont prise pour un miroir de plus à briser

Ignore simplement les lois de la physique prend tes cliques et tes claques et sauve-toi, jaillis comme un ruisseau dans un désert, ta flamme est famélique mais fais-la embraser les forêts de préjugés qui se densifient jour après jour, et danse sur les cendres de ces ennemis que des générations de combattantes avant toi n’ont pas pu mettre à terre, je t’en prie, je t’implore, sauve-toi !

Quoi? Tu es brisée? Comme ça ton cœur s’est vidé à force de tenter d’insuffler un surplus d’humanité à celui qui te blessait? Comme ça tu as lutté au point d’épuiser la liste exhaustive de tes ressources, au point de venir à bout de ta foi?

Je n’en ai que faire, sauve-toi bat-toi avec tes ongles là où tes larmes ont échoué, cours vers ta liberté, même avec dix tonnes à chaque pied, galope et ne les laisse pas te rattraper…

L’obscurité avance, il faut te dépêtrer, partout la nuit dépêche ses émissaires, la nuit que tu connais…

Traverse le champ de bataille avec ton armure de papier, trop réel est le sang que tu as vu couler, celui qui colore encore tes rêves éveillés, fais un pas après l’autre, non tu n’as plus le temps, envole-toi vers demain, avec tes ailes imaginaires arrange-toi pour échapper à la réalité de l’enfer

Le temps te statufie il faudra que tu tues le temps
Tu n’as aucun ami il faudra te méfier d’autant
Ceux qui clament que tu n’es pas seule te retiendront dans leurs étreintes, mais l’amour est une feinte alors sauve-toi avant de finir en demi-teinte

Je ne veux plus entendre tes plaintes. S’il te reste un souffle, un seul, qui vibre même faiblement dans ta carcasse déjà fatiguée, déjà abîmée, presque périmée par la loi impitoyable des ans, je veux que tu l’emploies à briser les carcans, et si tu dois tomber en essayant, fais-le tout de même, et sauve ton âme, car personne, je peux le dire maintenant, ne viendra la sauver

Rien n’est prévu pour toi.
Y a pas de plan.
Tu es surnuméraire.
Une particule, un défi. Une révolte, un déni.
Nul ne pourra te remplacer.
Alors même si tout est foutu… Sauve-toi à tout prix. Personne ne viendra te sauver.

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A la poursuite de l’oubli

Griffure acide de la liberté sur un confort sournois
Vertige de l’évidence
Que nos choix nous séparent nous rapprochent nous empoisonnent
Hallucination lucide lorsque le glas résonne
Dans les récits de nos semblables à l’écho si sensible
Qu’il nous semble que nous fréquentons tous le même cimetière
De rêves avortés de souvenirs indicibles
Je pose genou à terre sous un arbre bavard
Et l’écoute me chanter sa langue de mystères
J’ai la tête enfumée de larmes de prières
Mais les pierres sont sourdes comme un peuple qui a peur
Je lutte pour sonder la matière de mon cœur
Un amas de fêlures de rocs et d’épines
Inexplicable courtoisie de la douleur
Humilité déconcertée de celleux que tout oppresse
Quand l’arrogance dort sur des liasses
La foule que l’on flatte que l’on menace
Pour qu’elle se trompe d’ennemi

J’écoute le front dans l’herbe la parole massive
Qui heurte les prairies les routes d’asphalte
Où circulent des convois de la mort
Droit de la naissance à l’abattoir
Faites qu’il ne soit pas trop tard
J’accuse le coup de ce réveil neuf comme la pluie
Sentiments croissants dans une indifférence totale
Quête d’un secours factice d’une exaltation interdite

A la poursuite de l’oubli
Mon ventre vide comme un reproche
Mes jambes serrées à ton approche
Et ma folie comme témoignage
Irréelle semence perdue dans ses limites
Rythme désincarné que personne n’imite
Soulagement de l’ignorance
Que nos idées nous divisent nous réunissent nous emprisonnent
Espoir démesuré quand la vie nous étonne
Dans les miroirs qu’offrent les rencontres fortuites
Il apparaît que nous regardons tous les mêmes étoiles
Que les mêmes songes et cauchemars nous habitent
Je me lève et repars sous un soleil furieux
Qui berce mon discours d’éternels adieux.

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Graine de passion

Donne-moi du feu
Pour réveiller ma flamme
Qui vacille sous le vent frais de l’ennui

Donne-moi du rythme
Pour faire battre mon cœur
Amoindri par ses fêlures
Il agonise

Donne-moi du sang
Pour épancher ma soif
Que ma poésie vive sa vie éternelle

Donne-moi de l’eau
Pour faire pousser dans le désert
Les fleurs de la passion

fleurpassionpetit

Miroirs

Je viens d’entendre le déclic de la folie
De peur que tu ne déchires mon cœur en deux
J’y ai planté mes dents l’ai réduit en lambeaux
Histoire que plus rien ne me touche

Liberté ma seule conquête
Qu’importent les épreuves qui en résultent
Je continue la lutte
Et prononce ton nom à chacun de mes pas
Je n’ai pas de sens et mets ma vie sens dessus-dessous pourquoi
Pour trouver les mots qui te feraient aller plus loin en toi
Liberté si je te chante telle une déité juchée sur un pinacle
C’est que j’ai vécu diverses sortes d’esclavages
Et en ait connu d’autres de trop près
Si dans un sursaut je choisis encore la voie de la lumière

Je n’oublierai jamais nos infinités de solitudes
Se reflétant comme les miroirs sans fin de nos affinités

reflet-ile-de-Munso

Des coups

Dans chaque coup porté
Il y a une caresse ratée
Prodiguée par un cœur percé
Dans l’ignorance
On se tient à l’abri de nos errances
Par flemme de modifier sa conscience
On a beau jeu de fuir
De fumer et de boire
Pour déguiser notre peur du noir
En chacun de nous il y a cette part obscure
Tôt ou tard on a beau faire
Il nous faut affronter notre propre pouvoir

Cedric-Porchez-Caresse-54059

Dans l’autre monde

Dans l’autre monde
La couleur passée des sentiments résignés dès leur naissance
Ces amours qui vivent le temps d’un vent fou
Puis passent leur existence en convalescence
A ne plus trembler sur un sourire
Ni vibrer sur une parole

Le bleu uniforme des carcans horaires
Donne à notre enfer la régularité d’un train vers l’éternel quotidien

Ils disent
Qu’après le premier regard qui embrase
Les émotions qui fusent dans un ciel étoilé
Le cœur qui implose
Et nos rêves mis en orbite comme par une fusée

Ils disent
Qu’une fois passée leur délivrance
L’habitude érode les sens
Que la magie trépasse que c’est une évidence

Ils disent que ça se remplace
Par une sorte de tendresse
Qui console notre chair de sa déchéance au rang de corps habituel
Que les plus coquines de nos hormones libertines
Finissent par tempérer leur incandescence
Que ce serait sagesse de l’accepter

Moi qui croyait qu’un cœur épris méprisait le bon sens

A ce qu’ils disent les premiers matins ne durent qu’un temps

coeur

Sourire

Quand le silence rayonne pour une raison obscure
Ôter ce qui reste de nos masques
Mettre son cœur à vif
Faire don de soi sans s’en apercevoir

Sourire 

sourire

Mon bien-aimé

Encore une fois je tombe en prière
Tout en tentant de faire affleurer la lumière
Depuis les profondeurs de mes troublantes questions
Qu’est-ce que l’amour?
N’est-ce pas cette force qui nous soulève?
N’est-ce pas cette source qui nous abreuve?
Plus qu’un signal déposé sur nos lèvres par un autre
L’amour est parfois si loin de ces étreintes sauvages
Et que peut-on donner quand on ne connaît pas soi-même
Son vrai visage?
C’est un cœur unifié
Que je veux tourner un jour vers mon aimé-e
C’est d’une âme sincère que je lui dirai tout en un silence sans fin
Qu’est-ce que l’amour?
Si tu as besoin de ma main dans la tienne
C’est que tu n’as pas appris à marcher seul
Je ne veux pas d’un voyageur bancal
Si tu as besoin de mon regard pour te grandir
C’est que tu n’as pas encore trouvé le miroir
Où ta splendeur se révèle
Dans mes yeux
Ne lis-tu pas l’infinie puissance de ton âme?
Si tu as besoin que mes mots te rassurent
Déchiffre plutôt la pudeur de mes gestes
Et ne me retiens pas
Sache
Que quelque soit la cage où tu veux me blottir
J’en meurs assurément
Qu’est-ce que l’amour?
N’est-ce pas un poème que je te dédie?
Toi dont je ne veux pas comme mari
Car mon bien-aimé a la splendeur du soleil
L’assurance d’un roi
Mon aimé n’a pas besoin de moi
Il est partout où la peur n’est pas
Il me fait rire seule parfois on me croit folle
Il m’inspire mes fièvres et mes refus
Il ne m’a jamais déçue il est partout où je lui ouvre les bras
Mais toi
Tu ne le connais pas cela me rend si triste
Qu’est-ce que l’amour?
Je crois savoir que c’est plus vaste qu’un toi et moi
Il a les limites que tu donnes à ton âme
Et je vole sans fin pour en trouver le fond
Libre je vole
C’est si bon d’être seule
Entre mon bien-aimé et moi
Il y a l’univers en personne

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Morcelé

T’étais tout morcelé
Avec ta fierté dans une pièce
Ton cœur dans l’autre
Ton idéal sur le palier
Et tes idées stockées dans des boîtes extérieures
Ta sécurité dans une case
Tes espoirs conjugués
A tous les temps sauf celui du présent

Et je te dis voilà
Tout est dans le même point

Et tu me dis j’ai peur
De cet isolement ?

Tu étais égaré
Te voilà retrouvé
Et de peur d’être heureux
Tu insistes pour signer encore quelques chèques
Pour payer des dettes imaginaires

Je t’ai donné de l’air
Et tout ce que tu respires
Tu veux le vivre ailleurs

Sois sans pitié avec ta peur
Elle ne te mérite pas

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Un jour

Je ne m’en suis jamais remise. J’avais mis mon cœur sur l’autel, ma vie dans une boîte, je te l’avais offerte. J’avais réuni mes rêves d’enfance, pour te les dédier dans toute leur splendeur. Je suis tombée dans le romantisme absolu. Je fus exaltée au-delà du possible, rien qu’à l’idée de ta présence, de notre avenir à tous les deux… Bien sûr de l’eau a coulé sous les ponts, bien sûr la lune m’a soufflé d’autres contes… Mais aucun n’a la magie de nos premiers émois, et tes orteils contre les miens, sous les draps… Je ne m’en suis jamais remise. Il faudra que je pleure de temps en temps, pour des motifs futiles, afin de vider l’océan que tu as fait naître en mon âme, l’océan de tendresse, de baisers éperdus… Il faudra que j’aime à nouveau, du moins que j’essaye, mais un miracle peut-il se trouver deux fois? Je ris parfois, encore, mais mon rire n’a plus rien du cristal, j’écris mais mes mots assemblés ne seront plus jamais poèmes… De tels impacts laissent des séquelles.Tu m’as sûrement oubliée, mais un jour tu m’as dit je t’aime, et moi, je ne m’en suis jamais remise.

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