Rêves, errances

Chemins de textes

Tag: corps

Accord

Corps force et
Contraint
Corps lié
Corps livre et
Dissimulé aux regards
Corps particulier en quête de standard
Corps que l’on voudrait faire sien
Corps que l’on empoisonne
Corps odorant
Corps suant
Corps chargés de fluides rouges
Blancs
Verts
Ainsi que de mystères
Corps désobéissant
Au naturel interdit
Corps d’essence coupable
Du péché d’être chair
Corps exhumé enfin
De sa propre matière
Corps beau
Corps temple
Édifié par les idées qui t’habitent
Par les images qui te hantent
Corps spectacle
Corps refus
A l’acmé de l’abandon
L’amour en actes comme unique salut
Tu te vois faire corps avec la Terre
En corps
Avec les étoiles
En corps
Avec l’univers
En corps, encore, encore…

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Des espoirs

Je suis désespérée. Je passe devant un miroir, je ne me reconnais plus
Je n’ai ni l’énergie ni la volonté pour changer les choses
Je suis un mollusque fatigué
J’écris les larmes au bord des yeux, pour cultiver ma solitude
Entretenir mon jardin, préserver mon scribe intérieur
Le seul détail de mon existence
Qui m’illumine, silencieusement et discrètement
L’écriture qui réchauffe un peu mon cœur

Je vois flou à travers la brume qui recouvre mes iris
Tant de beauté pervertie
Joliesse ou pureté approximative
Je me serais bien contentée de l’absolu
Accommodée d’un horizon splendide
A défaut d’un présent à saisir de toutes mes forces

Mon bonheur n’est que portions d’amusement
Divertissement l’apanage du siècle
Le puits de mes émotions rempli de pluie de chagrin
Sur sa surface terne quelques élans d’amour
Se mêlent aux relents de ma dévastation

Je songe à la rudesse du coquelicot sauvage
Son insolence gracile
Et je me déçois d’être ce corps empâté
A la colère lourde et aux regrets pesants
Depuis quand ma plume a ce caractère adipeux
Depuis que l’on m’a sauvée de la folie
En coupant les fils qui me reliaient au ciel
Qui pour moi n’existe plus
Juste une autre voûte à porter
Sans aucune valeur ajoutée

Et je me déchire dans les grandes largeurs
Et je danse comme si le sol était de feu
Dans mon esprit

Et je me libère de toute soumission
Et je m’impose comme mission
De vivre

Voici que de l’eau chatouille mes joues
Je suis bien trop émotive
Pourtant reposée dans l’ombre de moi-même
Ne serait-ce cette opposition constante
Et difficilement supportable
Aux lois iniques qui régissent cet univers
De la banalité du meurtre qui ne dit pas son nom
Au viol inqualifiable
En passant par toutes les petites cases de nos petites prisons
Nou.e.s sommes proies du désir
Victimes de la concurrence
Harcelé.e.s par des souvenirs
Nos rêves sont décadence
Des êtres épuisés, harassé.e.s par le temps
Priant pour un nouveau soleil mais sans élever la voix
Dieux, qui nou.e.s entendra?

Combien de ces enveloppes grises dissimulent combien de lumière
Pour les décacheter n’y-a-t-il que la mort?
Est-ce qu’on cesse de se ressembler après un certain âge
Après une certaine dose d’obstacles, de fureurs, de mirages?

Je voudrais inverser l’invention du miroir
Que nos reflets vivent nos vies de fantômes
Tandis que nou.e.s irions, réel.le.s, vivant.e.s,
Sur les collines du temps en quête de quelque essence
L’amour nou.e.s consumerait, oh oui, nous brûlerions
Pour réchauffer la nuit
Nou.e.s laisserions sur place après la combustion
De la poussière d’étoile
Dont l’esprit créateur ferait notre renaissance
Et dans l’éternité
Nou.e.s serions pour la terre toute reconnaissance

Je me doute
Que mes atermoiements sont condensé d’ingratitude
Face au destin j’esquisse encore un sourire
Et je me délecte de ces moments rares
Arrachés au hasard
Si fine est l’étoffe de ces instants précieux
Comparée au quotidien velours de la mort

Je préférerais flotter sur la cime des jours
Et l’écume des nuits
Je voudrais que la vie se gagne une fois pour toutes
En triomphant de notre arrivée au monde
Dans le chaos organisé
Avoir la poésie en perspective et le revendiquer
Habiter le corps de ma folle jeunesse
Et accompagner jusqu’à sa tombe
Une chair qui ne ferait qu’un avec mon esprit.

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Ce bijou

Mon corps est un bijou incompris
Qui cache un autre corps comme une gangue
Une lettre fictive dans une enveloppe parfumée
Qui ne serait adressée qu’à moi-même
Car seule je connais l’alphabet des scories
Qui parent mon corps dans ses formes invisibles

Ma chair est un silence éloquent
Autour d’un passé de guerres sans victoires
Pour la seule cause qui unit nos nuits blanches
A l’heure où trépassent mes rêves de gloire
De revoir ma candeur et son auréole

Ma jeunesse est un monument qui hésite
A se célébrer dans toutes les décadences
Tout en polluant la fontaine de jouvence
Ou à se consacrer dans l’abstinence

Mes yeux sont des lacs d’incertitude
Au sommet de cette machine adipeuse
Qui autrefois voyait saillir ses os
S’attirant d’autres regards, d’autres reproches

Mon sang cet élément impur
Lui qui parfois ne fait qu’un tour
Quand on lui parle de sa couleur
Sur le commode ton de l’humour

Et que dire de ma chevelure
Tantôt jungle en fête, tantôt parure
Mais toujours en dehors des normes
Du lisse et du sur-mesure

Mon temple a ses secrets inviolables
Bien que certains aient déjà essayé
Car même du temps de sa superbe
Mon corps était un bijou méprisé.

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Mon corps

J’ai un corps de mensonges
et de pièges
de promesses et de fleurs vénéneuses

Son poison
Le nectar qui t’arrache aux étoiles
pour te précipiter
sur la première planète venue

Mon corps nu
est la carte de tes peurs
dénué de bouclier
et ta lame
le silence de l’étrange
Intangible

Une larme
a rougi le mécanisme de tes suaves caresses

J’ai un corps
coffre
Dont la clé réside dans tes égratignures

Les griffes sur ta peau
et les marques sur ton palpitant sacrifié

Ta parole secrète
Saura-t-elle dénouer le ruban
qui entoure le cadeau empoisonné
de ma chair délivrée

nu noire