Rêves, errances

Chemins de textes

Tag: drogue

La paroles des anges vils

Leur auréole à terre sur le bitume que glace l’indifférence
les anges vils chantent les voix du silence
Ils ont la peau trouée et des neiges éternelles au fond de leurs yeux vides
elles ont le ventre sanglé par des désirs déchus
ils ont les poings saillants et la détresse sourde
elles ont des bleus à l’âme

Les anges vils parfois se reconnaissent et tissent entre leurs ailes des abîmes de tendresse
où le bonheur s’invente un nom
et la fée décadence laisse voir sous sa jupe la fente de l’exil
puis dit non
Lorsque la porte se referme, les anges vils ont au bout de leur langue des relents d’amertume
la volonté exsangue
à peine la force d’entendre ce que taisent nos plumes

Ils s’appuient sur elles comme sur des béquilles au moral miné
elles cherchent des îles pour se sentir tranquilles d’être dominées en ce terrain hostile
Les anges vils ont des histoires scabreuses et des trous de mémoire sur des sujets absurdes
leur cerveau ravagé est cruellement lucide face au réel perfide ou chacun tient son rôle

Ils choisissent de se battre en soumettant le monde à leur volonté reine
elles optent pour le sourire pour faire passer la pilule des jours qui s’égrènent
ils marchent en procession sur les trottoirs nocturnes complices de tous les crimes
elles se vendent en parcelles sur le marché du désir

Laissant se briser leur être
En mille et un morceaux que le soleil ignore lorsqu’il balaie le monde

Les anges vils n’ont que de pauvres paroles à dealer pour survivre
Dont les échos s’envolent au gré de nos égos ivres

Et vont nourrir la silencieuse complainte des anges vils

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A toi que je ne connais pas

A toi que je ne connais pas mais dont je devine à voir tes mains ensanglantées 
Les nuits passées à gratter la terre pour sortir de ton enfer intime et universel 
De ta prison

L’espoir de saisir une peau une chair un reste de tendresse
Épargné par les fers 
Presque oublié à force de se taire
A force de se voir rabougri par le gris de ces falaises
Qui se dressent jusqu’au ciel 
Et dont je sais qu’on peut tomber

A ton cœur plombé de rêves inassouvis
Auxquels n’a pas suffi le sacrifice de ta vie

A ton imaginaire affranchi
Au prix d’une franche scission de ta raison 
Conflit irrésistible
Entre l’irrépressible descente aux enfers
Et ce soupçon d’âme qui cherche encore le paradis
Amorce de révolution

A toi que je ne connais pas 

Toi qui te meurs d’avoir voulu puissamment vivre 
Cherchant dans de blanches poudres les neiges éternelles de l’illumination de l’esprit
Poudre aux yeux

A toi dont les paroles se perdent en volutes inaccessibles au commun des mortels
Comme un prophète incompris 
Ta science infuse au parfum de tes souffrances existentielles
Je sniffe le rance encens de nos peines qui se consument
Sacrifice qui s’élève comme une prière

De grâce
Je prête ma plume
Pour  une délivrance sans artifice 

neige

Mon héroïne

Cousue de fil pourpre, cette histoire est tragique comme les légendes du temps où les dieux n’avaient pas encore inventé la miséricorde
Cela se passe à l’ère du feu nucléaire de la fission atomique, lorsque l’humanité se perd dans les méandres de la peur
Mon héroïne a le visage d’un ange mais la nature reprend ses droits dans son corps qui dérange l’ordre établi
Elle est bien trop jolie pour que sa vie ne le soit
Y a pas de princesses dans les royaumes où tournent les caves y a que des Cendrillon sans souliers
Elle si bête et pure suit les mauvais bergers
En l’écoutant la tristesse m’a submergée
En la moitié d’un demi-siècle deux embryons déjà sont morts dans ses entrailles
Souvent ses rêves se drapent de deuil et se recueillent devant ces tombes où le mépris sème des bombes
Mon héroïne sombre dans le remords chaque fois plus fort

Mon héroïne est libre elle vit sa vie comme ça lui plaît et en paye le prix
Il y a de l’insolence dans ses ruisseaux de larmes
De sombres éclats de rire au fond de ses nuits blanches
Et en suivant le balancé de ses hanches, le monde flanche
Elle a fini par trouver le bonheur en y mettant beaucoup de cœur et encore plus d’acharnement
Seulement de temps en temps il y a ces crises de larmes

Au bord du chemin, mon héroïne a laissé rêves de gosses, désirs de femme
Elle a cueilli les frustrations, accumulé les drames
Sans se trouver
À la faveur des astres écarlates
Le plaisir écarte ses scrupules et découvre sur ses lèvres les couleurs de la fièvre
Mon héroïne est libre… comme le pigeon voyageur
Mon héroïne aime marcher la nuit et elle connaît le goût du bleu au coin des lèvres
Tous les talents de Shéhérazade ne l’auraient pas sauvée quand il rentrait bourré pour une petite virée dans son enfer intime

À chacun sa drogue
Mon héroïne gémit sous les coups de boutoir de celui qu’elle adore
Prête à tout pour changer le décor de ce conte hardcore
Depuis peu elle  connaît la valeur marchande de son corps
Elle en a sucé des crapauds pour trouver son prince mais en vain
Elle a suivi des signes et des mauvais devins
Elle en a commis des bévues
Son corps démantibulé comme un automate au bout des pines de ses matons            Comme un air de déjà vu
Son sommeil est peuplé de rêves d’évasion
Mais tout l’enchaîne
Jusqu’au silence
Elle savoure parfois la paix quand ses pensées s’élancent
Seulement de temps en temps il y a ces crises de larmes
Finira-t-elle dans le caniveau elle qui avait un port de reine
Sa beauté dévorée par les hyènes

Mon héroïne est libre elle vit sa vie comme ça lui plaît et elle en paye le prix
Il y a de l’insolence dans ses ruisseaux de larmes
De sombres éclats de rire au bout de ses nuits blanches
Et en suivant le balancé de ses hanches… le monde flanche

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