Rêves, errances

Chemins de textes

Tag: ego

Iris

Une vérité aveuglante m’a brûlé la rétine
A présent je suis bien aise de distinguer une petite flamme
La lutte dans les yeux de mes contemporains

Elle s’est noyée toute seule, ma colère, sous une pluie de motifs variés
Elle n’est plus qu’un souvenir, ma colère
Je n’en suis même plus fière…
Juste un des multiples reflets de mon ego brisé

Je suis une perle de rosée sur un iris au soleil levant
Une larme qui ne coulera pas
Un renoncement subtil
Tel une sagesse antique

Je ne suis plus des vôtres
J’ai laissé ma dépouille dans la chambre austère d’un hôpital psychiatrique
Mais je ne souffre plus

J’attends la mort non plus comme un soulagement
Mais comme une conclusion banale
Je suis banale, et ça ne me révolte plus

Mon orgueil est en grève

867162-eyescapes

Publicités

Je me souviens

Je me souviens
Du silence
Avant que mon ego ne vienne souiller la page blanche des conceptions de mon imaginaire
Il y avait le silence
L’espace de tous les possibles
J’y voyais
Des histoires d’amour et tous leurs adieux qui n’en finissent pas
J’entendais
Le son de ta voix
Frémir d’un appel dont je ne reviens pas
Alors que j’empruntais cette route dénuée de souvenirs
Je me souviens de ma candeur virginale
Je me souviens que le parcours était semé d’embûches
Et que je n’en ratais aucune
Je me souviens que j’avais le sens de l’humour
Mais surtout

Je me souviens
Du silence
Lorsque je criais à l’aide
Étais-je muette ou entourée de sourds
Je me souviens que je ne croyais qu’en l’amour
Et que j’ai tout donné pour ça
Je me souviens
Du silence
Avant de mourir
Ou de renaître
Tout en clamant des chants de bataille
Le jour c’était la lutte et la nuit la guerre
Je me souviens du silence
De l’extase
Lorsqu’avec la mort et le cosmos réunis
Je dansais sans mon corps
Et je chantais de la voix de l’univers
Je me souviens
En silence
Du temps où je savais me souvenir

univers mystique bis

En attendant

En attendant le prochain espace
A l’affût du dernier prodige
L’ego flatté par le crépuscule
L’antenne vibre
J’avais de dangereuses convictions
Propres à attirer sur moi l’attention
Je ne suis plus que cette antenne
Extrémité d’un organisme vivant
Au-delà de mon corps physique
Voilà la nouvelle rhétorique
Pléthore magnétique
Être fort sans efforts
Pour avoir déjà souffert
Déjà offert
Déjà donné
Déjà tout donné
Au cœur et à l’âme

Adelidae

Je de construction

Avec un Je de construction
L’ombre derrière moi
Je flâne sur des passerelles
Entre des îles de gloire
 
Épurée
La silhouette de l’ego se dessine
Retrouver sa propre conscience
Pour la perdre à nouveau
 
Se connaître
Jusqu’à la limite de son imaginaire
Cerné par des murailles d’antipsychotiques
Entre lesquelles ma folie s’ébroue tant bien que mal
 
Genèse inachevée
Émancipée du nombre
Le définir s’étale d’un univers à l’autre
En vertiges hallucinés de solitude

348310

Automne

Tout tombe, tout rougit, tout pourrit, tout meurt.
L’automne a toujours été la saison de mes nouvelles amours. Comme si à mesure que la nature autour de moi s’étiole, quelque chose dans mon cœur résistait assez fort pour attirer la rencontre, un élan contraire au rythme qui m’entoure, quelque chose qui veut naître alors qu’autour…
Tout tombe, tout rougit, tout pourrit, tout meurt.
J’aimerais que mon ego de même se débarrasse de ses peaux mortes… Toutes les couches d’orgueil, de vanité, de prétention, d’égoïsme et de lâcheté tomberaient au sol et je les piétinerais d’un pied joyeux, pour célébrer une nouvelle saison, de pureté immaculée. Mais je ne suis pas un arbre… Mes racines sont floues, mon feuillage confus… La transformation, je l’observe mais mon cœur, ce fossile, ne peut pas se joindre à l’allégresse ambiante, une allégresse de cimetière. Car au fond…
Tout tombe, tout rougit, tout pourrit, tout meurt.
C’est la grande leçon de l’automne. Il faut accepter que certaines choses se flétrissent, se rabougrissent, se ternissent, il faut accepter la grisaille du ciel et s’habituer au froid… Promesses de solitude, de décrépitude et de mort. A l’automne de ma vie, j’espère avoir la sagesse de ne pas me rebeller, d’accompagner le cycle et d’accueillir toutes ses couleurs, fussent-elles celles de la dernière pluie. Je voudrais glisser, calmement, dignement, dans l’hiver de l’oubli.

49913509_p