Rêves, errances

Chemins de textes

Tag: enfance

Trésor

J’ai gardé tes mots précieux comme un trésor caché
Sur lequel je savais pouvoir compter quand je serai assez forte
Pour partir
Pour changer
Toi mon icône
Quand ma route dévie c’est toi que je trahis
C’est toi que j’abandonne
Mon miroir
La proximité de nos errances fait celle de nos extases
Aussi loin nous irons
Portées par nos images fantasques de mortelles
Portant sur le front le baiser de l’Éternelle
Pour consoler les enfants que nous sommes
Apprendre à rendre au monde tendresse pour violence
Poser nos paroles sur les âmes
Comme des baisers sur vos ailes

baiser1

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Chambre d’enfant

Dans sa chambre
Entre les murs qui auraient dû entendre fuser les rires
Le silence éclate
À en faire péter les vitres
C’est un enfant qui se tait
C’est un corps qui s’éteint
Entre les mains qui auraient dû l’aider à grandir
C’est un cœur qui étreint l’horreur indicible
De l’innocence prise pour cible

enfant triste

Le chant du cygne

Comme je devrais avoir honte et comme je vous emmerde
comme je devrais raser les murs
depuis longtemps déjà depuis que je sais que mes raisons d’être
sont ceux que les prisons sociales ignorent
depuis que le cheminement de mon âme curieuse
m’amène à traverser toutes sortes de décors
obscurs aux yeux des autres
aux yeux des gens normaux

je devrais avoir honte
me faire soigner avaler des cachets et même demander l’internement
si j’avais l’impression que mon destin me ment
en me faisant miroiter la liberté par le crime envers la bien-pensance..
Je devrais avoir honte mais je vous emmerde
mon illicite jouissance en dessine les contours
de cette île où en dernier recours
je me retrouve avec moi-même
avec ma peau
et mes rires et mon vagin qui pleure
et mon cynisme et mon enfance qui se meurt
non sans avoir poussé son chant du cygne
avec mes veines saillantes mes cicatrices
mes désirs sous contrôle et ma soif de caresses
et mon envie d’aimer qui ne se meurt pas !
Je l’achèverai de mes dix doigts
à la faveur d’un clavier à la lueur de la lune
de quelques rimes tirées à bout portant
L’innocence semble impossible à ceux qui savent le goût du sang

lac-du-cygne.72452

De sable, de cendres

Au nom de tous les dégénérés de l’existence
Au nom de ceux dont les désirs furent souillés
Dès les premiers châteaux érigés dans l’enfance
Au nom de ceux qui n’ont pas su
Ressusciter leurs rêves déchus
Qui ont vu leur assurance aspirée par des sangsues
Sans savoir que faire
Au nom de ces aspirants à l’évasion
Qui s’égarent dans les couloirs de l’enfer
En croyant trouver l’éden

Je laisse parler mes veines qui s’ouvrent
Et la haine que je couve suinte en silence
C’est le pus de nos peurs

Au nom de l’absence
Pour l’enfant affamé de tendresse
Sur qui pleuvent les coups
Pour la femme avide de caresses
Que l’on traîne dans la boue
Pour l’être humain en quête de liens
Qui ne trouve que des chaînes

Au nom de l’indifférence qui règne en France
Face à ces sévices indicibles dont nous sommes les cibles
Je viens troubler vos rêves de notre cauchemar fou
Narguer votre monde illusoire dont je connais les tréfonds
Je viens graver dans ce grimoire
Les volutes insolites d’une nouvelle grammaire
Pour que pèse sur vos âmes jusqu’à son dernier gramme
Le poids d’une vérité
Une parmi tant d’autres

Au nom de l’armée qui sourdement se soulève et s’avance

Dressés sur l’arête cachée du chaos
Nos faces ruissellent de souffrances
Et dans les ténèbres on cherche la lumière du sens

Au nom de tous les possédés d’une rage régulière
Souveraine colère entêtée comme un refrain
Qui vous fait parfois serrer les poings

Au nom de tous ces matins gris
De ces journées de peu
Où nos ailes toutes rabougries
Ont failli nous lâcher, pour un peu

Je laisse parler mon cœur qui se découvre
Et l’espoir que je couve grésille en silence
Je prie pour que nos paroles brûlent les racines de nos indifférences
Et sur ce lit de cendres
Qu’advienne la renaissance

château de sable