Rêves, errances

Chemins de textes

Tag: enfer

Profite

Profite de l’ivresse pour glisser quelques mots
Quelques lignes de fuite qui n’auront pas de suite
Quelle que soit la portée de cet hymne nostalgique
De cet aveu transi à force de musique
Profite de l’instant où nous sommes égarés
Pour planter une étoile dans mon panier percé
En brûlant les icônes d’un futur dépassé
Par une jeunesse furieuse de son destin tracé
Pas de sens, pas de but, pas d’espoir effaré
Pas même une douleur à faire réparer
Pas l’ombre d’une artiste pour les récupérer
Juste une âme de poète à la plume cassée

Profite de ta fortune quelle que soit sa couleur
et si vient la sécheresse, creuse dans ton cœur
Quand couleront le sang les larmes et la sueur
Vois-les comme des preuves de ta divine ardeur
Et puisque Dieu est mort, abandonne la peur
L’enfer n’a pas de portes autres qu’imaginaires
Profite de ta faiblesse pour te laisser défaire
Tes craintes et tes angoisses d’être à la hauteur

Puisque plus rien ne reste, puisqu’on fait tous semblant
Profite de tous ces masques pour te faire un visage
Avec de la sagesse dehors, de la rage dedans
Et un soupçon de foi qui dessine une image
Profite de l’inconnu pour être vrai-e enfin
Profite du quotidien pour manier la surprise
Profite du fait que tu n’as pas d’emprise
Pour lâcher tous tes doutes au long de ce chemin
Profite de la misère pour créer ton trésor
Dans un outrage au temps inventer tes valeurs
Profite de l’éternel pour renaître à chaque heure
Et dans un sursaut profite de la mort

Je suis juste assez saoule, assez grise, assez lâche
Pour m’échapper un peu de ce qui nous attache
Pour profiter de la nuit à ma manière étrange
Je suis juste assez noire pour que cela dérange
Je suis juste assez femme pour détester le rose
Et assez remontée pour que la bombe explose
Je profite d’une tribune pour un texte mal osé
J’en profite pour me taire, et ce silence m’enterre
Je profiterai d’un lapsus pour étreindre ma colère
Profite de mon mutisme pour étaler ta prose
Car mon verbe rêve de tendres ecchymoses
Profite de ma patience qui tremble et qui attend
Profite de ma douceur tant qu’il est encore temps

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Merci

Merci pour
Les émotions pures
Pour que le souvenir dure
Le passé se murmure
Écrire du fond de l’enfer
Revenir pour se taire
Fière
Et laisser sa dignité choir
Son cœur
Virer au noir
Prier pour la gloire
Et puis ne plus y croire
Il va pourtant falloir
Un soupçon d’espoir
Et puis se battre encore
Plus fort
Pour un rien, une semence
Un reste de démence
Zeste d’incohérence
Un geste, une danse
Une errance
Une musique de fous
Et puis c’est tout

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Trottoirs

A toutes celles qui arpentent les trottoirs
De Paris à Manille de Moscou à Dakar
Et dans toutes ces villes que je ne connais pas
L’espace s’amenuise au rythme de vos pas
Qui tracent les contours du désespoir

Vous êtes flammes à la merci du vent
Vous que les hommes jugent dignes de leur foutre
Indignes de leurs sentiments
Étoiles qui agonisent
Ont la pâleur de princesses en guenilles
Et la noblesse de l’âme
Je ne laisserai plus chanter les lendemains qui rient dans des cieux improbables
Pour faire taire la complainte de ceux qui se réveillent avec l’enfer au ventre
De celles qui ont la haine comme antre et comme refuge
Transfuges exilées des terres de l’espoir

J’écris pour celles qui n’ont pas choisi d’être des corps publics
Noyées sans secours il y a dans leur regard
L’immanence d’une poussière incandescente
J’écris pour celles que personne ne regarde
Que parfois on désire le temps d’un soupir l’espace d’un remords

J’écris pour celles…

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L’antre du chaos

Je fus plongée en plein cœur des enfers et j’irradie encore d’un espoir insolent

Les plus vils des hommes m’ont craché à la figure
tout le mâle que leurs couilles ont pensé
de la plus innocente des femmes
sans écorcher l’amour le plus puissant

En l’espèce humaine j’ai goûté à pleine langue l’abject et le sacré dans le même pli de peau
Mes poumons ont noirci à l’air de nos rancœurs et mon cul a blanchi comme l’argent des dealers
Mon con damné par l’Etat d’ignorance, j’ai plongé en prière pour ma survivance

Voilà de quelle autorité je parle aujourd’hui

Au temps de mensonges et de vanités crasses, tout faire pour sortir de la danse, à n’importe quel prix

Préférer la mort à cette ronde funèbre – comme si l’on pouvait mourir autrement qu’en pensée – vivre autre !

Une pousse de lotus dans l’antre du chaos

Un rayon d’argent jailli de tes yeux pers

Dans l’ovule du cyclone

Je suis

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