Rêves, errances

Chemins de textes

Tag: histoire

Couleur dominante

Couleur dominante : violée
Émotions voilées
Madame a ses secrets
Que vous ne sauriez voir
Sombre
Comme un millier d’histoires
Sa face est un miroir
Et son ventre
Un mouroir

Pardon pour la violence
De ces images sordides
Pour les relents fétides
De souvenirs putrides
Voici
Un soupçon d’idées rouges
Rage
Déicides

Le calme après l’orage
Mon cœur se déménage
Et l’espoir me démange
Pour qu’à nouveau je plonge

Songe
A ces prières sans retour
Au déluge de larmes
A la tristesse sans fin
Sans fond
Et fuis

ange-triste

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J’imagine

Tandis qu’irrésistiblement avancent les pions assassins des temps présents
Je tisse un filet de mes mots
Pour que l’on se souvienne de ces jours
Qui emportent l’Histoire dans une marée de sang
On vomit nos griefs en rafales
Dans l’espoir de toucher votre âme de quelque rime perdue
Pour votre plus grand mal
Nous n’avons de sagesse que celle qui poussa sur ce lit de démence
Dans les terrains vierges de la pensée
Sur nos visages
Les sillons laissés par les relents d’un mauvais sort
Et sur la langue
Une prière prête à prendre son essor
Pour aller grossir les tomes des évangiles du millénaire
Cela fait si longtemps que les poètes prophétisent l’éclipse de la raison
La fuite des saisons
Rythmée par le nombre d’innocents régulièrement massacrés
Cela fait si longtemps que ça gronde en silence
Tel le bruissement d’une forêt millénaire
Qui plonge ses racines dans des eaux rances
Et c’est toujours demain que surgissent les colombes
Que se taisent les bombes
C’est toujours demain
Qu’il fera bon d’être humain

A ceux qui n’en peuvent plus d’attendre
A ces nuques qui se plient
A ces genoux fléchis
Qui par milliers implorent la fin des jours opprimés
Ces veines qui se vident
Ces yeux qui appellent de toute la force qu’ils n’ont plus
Pour que se tournent enfin vers eux nos faces livides d’indifférence
Mépris programmé par nos préoccupations de propriétaires
Pour de mesquins progrès qui nous paraissent prioritaires
S’étourdir en consommant pour atténuer sa conscience de l’enfer
Ces ailes qui se brisent
Ces enfants qui se taisent
Dans le paysage familier de l’horreur
Avec la vie se transmet la terreur d’exister
De temps à autre être atteint par d’attrayantes images
Où des humains évoluent dans d’autres paysages
D’abondance de biens qui se produisent et qui se jettent avec la même cadence folle
Et dans son dénuement
Rêver de tout plaquer pour entrer dans la danse
Du monde civilisé
J’imagine d’où peut jaillir la rage des justes
J’imagine qu’il y a un monde à prendre
Et qu’il nous attend là
Au bout de quelques pas que nous ferions ensemble
Quelques pas qui suffiraient pour que la terre tremble
C’est écrit dans les livres qu’on a si bien appris
Déjà des foules de sont levées et sur la foi de mots dits
Ont fait plier des empires
Puisse la parole éventer son plus bruyant secret
Par sa force
Des foules se sont levées à la face des tyrannies les plus veules
J’imagine juste que l’Histoire se répète comme elle nous a habitués à le faire
Car l’être humain ne supporte jamais les fers
Si longtemps
Que la colère finit par se taire

Ces vies qui se brisent
Et de ces corps brimés
Cette force qui naît
J’imagine

colombe

Bilan

Au plus loin que remonte ma mémoire
Je me suis toujours efforcée de suivre mon cœur
Peu importe ce qu’en dirait un bilan objectif établi par quelque observateur
Je peux m’estimer fière de ne m’être pas perdue
Ce que je refusais par dessus tout
Me laisser couler dans un moule quelconque par paresse de l’âme
Certes j’ai peur de souffrir
Mais pas de la désapprobation publique ou de la solitude
Certes je frémis comme chacun-e devant les spectres de la misère et de la maladie
Mais ma plus grande crainte
Ce qui m’effraie par dessus tout
C’est qu’en posant sur moi-même un regard lucide
Je m’aperçoive avoir renié ma liberté
A force de concessions aux idées toutes tracées
C’est un vide de terreur
Qui te saisit et qui te glace
Lorsque tu réalises avoir laissé une volonté de masse
Prendre la place de ton destin
Qu’est-il de pire que de faillir à sa mission d’être humain ?
Je vis pour préparer le dernier instant où nul n’échappe à soi-même
Je veux partir en paix.

La mort.
Partout, demain, ici, maintenant
La mort qui éclaire de sa lumière les chemins que nous avons à déchiffrer
La mort, l’oubli
C’est contre cet oubli que nous formons familles
Que nous écrivons des livres
Que nous bâtissons des cathédrales et remplissons des chapitres d’Histoire
Cette lutte inspire les actes les plus vils et les guerres les plus nobles
Trop souvent, nous suons, saignons et prions
Pour être gravés dans une conscience éphémère
N’est-ce pas que l’éclat d’une étoile
Est plus pérenne que le retentir de nos actes dérisoires ?
Cet Invisible qui transperce les infinis
Porte déjà nos traces
Sachant cela, nous pouvons rire avec les astres
Tout mortels que nous sommes

Nous sommes de cette matière enflammée qui forme les comètes
Issus du même mouvement qui projette la chaleur du soleil vers la Terre
En rejetant la nuit, nous nous rendons contraires à l’univers
En rejetant la mort
En rejetant l’oubli

th (38)

Métisse

Assise au soleil
Réceptive telle une antenne émotive
Attentive aux vibrations qui guideront ma plume
Pour je l’espère vous transmettre une nouvelle émotion
Je suis tranquille
Docile
Et les images défilent
Visions du cosmos qui s’enfilent
Comme des perles sur un fil
Où nuit et jour se succèdent en un battement de cil

L’alliance des contraires
Je suis faite de cette matière première
Du Nord et du Sud
Du noir et du blanc
Pour un brun qui rappelle la couleur de la terre Mère
On a tous en soi un petit bout d’univers
Un soupçon d’infini dans un grain de poussière
Filiation divine ou bien humain mystère
Nos atomes des étoiles nous font frères
Il y a de quoi en être fiers
N’être qu’une humble créature
Mais terrain d’un combat qui dure
Entre le paradis et l’enfer

Et dire que je rêvais mon cœur pur

Je suis condamnée à m’asseoir
A même le mur qui sépare
Les deux versions d’une même histoire
A voir les victimes comme les barbares
Manipuler le devoir de mémoire
Je ne sais plus lesquels croire
Et j’en passe ds heures
A démêler en moi les leurres les erreurs
Liés à la conscience d’une race prétendument supérieure
Et j’en pleure
Des traces laissées par les ravages d’un esclavage encore ancré dans nos cœurs
Où est ma place ?
Nous sommes trop peu à porter ce drapeau d’un peuple imaginaire
Où nous serions tous unis et sœurs et frères
Trop peu à vivre et à saigner pour cette chimère
Et puis mon temps est éphémère
Et la bêtise humaine m’atterre
De rage ma plume se fait amère

Jeter un regard sur la Terre
Poser les yeux sur toutes ces guerres
Quand on y cherche de la lumière
Trop d’espérance est une torture
La cruauté de l’Homme serait dans sa nature ?

Et dire que je rêvais mon cœur pur

th (14)

Noir sur blanc

Noir sur blanc
J’écris ces lignes insolentes
Pour faire parler les survivants
D’un continent qui les enterre
Parce que l’or noir
C’est la sueur de ces hommes qui ne perdent pas espoir
Et qui s’embarquent encore dans des galères
A force d’y croire
L’or noir
C’est le sang qui coula pour édifier la gloire des blancs
Et dont le rouge suinte le long des monuments
D’une touche de bleu ils ont maquillé notre histoire
Mais en vain

Noir sur blanc
Je crie quelques mots dans le vent
Ils semblent dérisoires
Mais nous savons
Que si l’air est au courant de nos projets de révolution
Il portera le message
Pour que le rêve se propage
Comme une contagion
Nous savons
Que les palabres traversent les pays
Surtout quand ils parlent de paix

Noir sur blanc
Je décris ma vision d’un continent qui nous éblouit de sa splendeur
Cela voudrait dire
Que l’on aurait purgé les manuels scolaires de toutes leurs erreurs
Que la justice aurait les mains déliées
Les crieurs de vérité seraient débarrassés das bâillons de la censure
On ferait des feux de joie de tous les bulletins de vote truqués
On danserait autour
Les enfants poseraient leurs armes
Pour aller jouer comme des enfants
La parole des anciens serait gravée dans le marbre de la mémoire collective
La terre appartiendrait à ceux qui la cultivent
Et non pas
A de puissants propriétaires
Planqués derrière des multinationales qui ne sont pas venues chez nous par hasard

Noir sur blanc
J’écris ces lignes comme des ratures
Pour ternir les odieuses dictatures
Mais en Europe, ils caricaturent
La démocratie
Ici
Des hommes du fond de leur palais se jouent de nous
Tandis que des peuples survivent à genoux
Et si notre héritage entre dans leurs calculs
C’est au musée
Pour se branler devant la beauté de nos arts pillés
C’est notre âme qui est vendue au moins offrant
C’est l’amertume d’être écartés de ces idéaux qu’on croyait français

Noir et blanc
Dans mes veines
Se confondent et s’alternent
Et ce conflit
Est le reflet de leur affront à l’humanité
Au fond
Ils tombent encore pour la France
Au front de la mondialisation économique
Le sol s’imbibe un peu plus chaque jour du sang de notre Afrique
afrique1