Rêves, errances

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Laisse couler

Laisse couler les larmes
Des larmes qui n’effleureront même pas la surface du patriarcat qui nous assassine
Laisse couler le temps
Pour éroder la douleur de nos esprits brisés par la violence
Laisse couler les flammes
Pour que passionnément elles embrasent
Les visages abjects de ces hommes qui ne savent pas ce que non veut dire
De ces hommes prêts à tout pour asseoir leur emprise
Sur nos cœurs
Sur nos corps rendus chose publique
Et sur lesquels chacun a son mot à dire
Sois plus mince, sois plus glabre, sois plus belle
Sois le désir ambulant de leurs fantasmes consuméristes
Sois plus douce, sois aimable, et souris
Même quand le système t’exploite et t’humilie
Souris pendant qu’on te jauge, qu’on te déshabille, qu’on te viole
Et laisse couler
Ce n’est qu’une blague, ce n’est qu’un geste
Juste une pub, une main aux fesses
Ce n’est qu’un film, ce n’est qu’un jeu
Ne sois pas prude, sois pas salope non plus
Sois pas conne, pas trop futée non plus
Faudrait pas que tu comprennes
Le rose te va si bien
Alors laisse couler
Laisse couler le sang
Noues y sommes habituées
Tellement

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Il le faut

Il faut que ça sorte

Il y a cette chape médicamenteuse qui me brime
Qui comprime mes émotions qui les normalise
C’est un nouveau rituel prendre mon comprimé à heures fixes
Sous peine de succomber à mon imagination prolixe
Quelle menace

Il y a
Il y a ce rythme entêtant qui me nargue
Qui vient de l’intérieur de mon être en cage
Parfois j’ai envie de tout larguer pour partir à nouveau sur mon océan de folie
Je n’y peux rien il faut que ça sorte
Il faut que ça pète
Et ce ne sont pas ces larmes
Qui vont me soulager
A quoi bon un ruisseau
Quand le torrent s’étouffe de rage et de silence inavoué

Il y a ces souvenirs floutés par les drogues ou par l’émotion
Des vagues de chaleurs qui m’ont traversée
Entrecoupées de courants glacés
Se sentir en vie
Et tout autant en détresse
Subir cette alternance et vivre les contraires dans le même élan de la pensée
Et le cœur battu
De paroles rebattues
Il y avait tant de vérité dans mes incertitudes
Comme de résignation dans mon quotidien tiède

Chaque soir
A la même heure
Il y a ce bonbon rose qui font sur ma langue
Et qui me garantit de rester à votre portée
Humaine
Et votre impression de me comprendre est tellement dérisoire
Quand je pense aux cris que l’on entend dans un hôpital psychiatrique
De l’eau roule sur mes joues pour tomber sur la table
Et je repense à cette grâce vulnérable que vous trouviez magique
Alors que j’étais déjà loin sur ma planète
Que j’étais perdue
Que je n’avais plus de tête

Il y a
La stabilité dont je ne voulais pas
Et l’inspiration qui s’en va
Qui s’en va

Il faudra pourtant que ça sorte
Que je défonce les portes
Que je vous transporte
Qu’enfin je me comporte
Comme si je n’étais pas morte
Comme si j’étais plus forte

Comme si les dieux ne s’étaient pas ligués pour me faire chuter après m’avoir montré l’extase
Comme s’il n’y avait pas de prix à payer

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Couleur dominante

Couleur dominante : violée
Émotions voilées
Madame a ses secrets
Que vous ne sauriez voir
Sombre
Comme un millier d’histoires
Sa face est un miroir
Et son ventre
Un mouroir

Pardon pour la violence
De ces images sordides
Pour les relents fétides
De souvenirs putrides
Voici
Un soupçon d’idées rouges
Rage
Déicides

Le calme après l’orage
Mon cœur se déménage
Et l’espoir me démange
Pour qu’à nouveau je plonge

Songe
A ces prières sans retour
Au déluge de larmes
A la tristesse sans fin
Sans fond
Et fuis

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Un chant

Cette fois me voilà seule
Je contemple égarée les morceaux de ma vie en pièces
Je n’ai plus d’autre choix que de donner vie à ma poésie

Je suis passée de l’autre côté du mur des interdits
Par soif de connaissance je viens de sacrifier
Les plus beaux rêves que j’aie jamais construit
J’ai pourtant le sentiment que je n’avais pas d’autre choix
J’ai encore dans les larmes comme des éclats de foi
Pour une mystique sans Dieu

Parce que ma vie est peu de choses
Je n’aurai pas tout perdu si l’expérience échoue
Car même dans un palais doré couchée sur un lit de roses
J’aurais rêvé d’ailleurs
J’aurais poussé la logique à bout pour démasquer les tabous

S’élancer du sommet de la falaise avec pour seule protection la conviction que des ailes me pousseront
Aujourd’hui mon cœur est de pierre tendre
Je caresse les contours de la solitude
Pour tenter d’en saisir l’amplitude
Évaluer le prix à payer pour prendre de l’altitude

Voilà. Je viens de tout donner
A une amante dont le visage reste à jamais caché
Et que l’on appelle parfois liberté
Son chant transperce toutes les âmes sans frontières

Parfois en l’un de nous elle se plaît, se plante et nous possède

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Quand j’avais pour amies des larmes

Quand j’avais pour amies des larmes
Je partais souvent sur leur vaisseau
Visiter des contrées d’étoiles
Où la douleur est une rose sang

Quand j’avais pour amies des larmes
Je pouvais entendre le chant des nuages
Danser sur des flots de misères
Flirter avec l’inconscience et la mort

Et puis elle est entrée dans ma vie
Cette petite pilule magique
Par la porte de la folie
Pour m’arracher au pays du chagrin

Quand j’avais pour amies des larmes
Je vibrais avec la chair des poètes
Mais à présent pour mon plus grand malheur
Je ne pleure plus

la-possibilite-d-un-bateau

Bouche bée

Bouche bée
Devant l’étendue des crimes commis de ma main de ma bouche
Je lutte pour ne pas m’abîmer dans la stupéfaction

Oui je suis devenue ce monstre d’amour et de solitude
Vibrant de plus en plus fort et d’aussi loin que s’étendent nos turpitudes
Je ne te perds pas des yeux

A chaque pleine lune
Je cueille l’élixir au cœur des ténèbres
Pour me guérir de ta morsure
Vampire
Que tout ce sang versé ne le soit pas pour rien

Si je suis devenue ce monstre d’amour et de solitude
Je n’aurai plus à te perdre à nouveau

À nouveau intacte après la mort
Peu m’importe ce que clament les marques sur mon corps
Il y a de la pureté dans chacune de ces larmes

Qui les retient ?

solitude

Tempêtes

Dans le miroir de l’eau
Soulevée de tempêtes
Je me suis vue colère
Et le dessin troublé
De contours illusoires
Criait l’ingratitude
Et mes larmes embrassaient
Le lac de mes désirs
Où je viens me noyer

au miroir d eau