Rêves, errances

Chemins de textes

Tag: lumière

Les mots

Parce que les mots sont vivants
Ils sont la partie de moi qui frémit
Quand je me fais statue

Ils sont mon ventre qui hurle
Quand ma colères s’est tue

Ils sont toutes les réponses
Lorsque je ne sais plus

Parce que les mots sont couleur
Lorsque mon encre est noire

Parce que les mots sont rythme
Et que je suis montagne

Que le verbe est léger
Quand la gravité me gagne

Et les mots sont mémoire
Lorsque je suis oubli

Et les mots sont lumière
Lorsque je deviens nuit

Parce que les mots sont richesse
Quand je suis démunie

pigments-de-couleur_0

Toute

Toute la lumière du monde
Gâchée par un silence
Toutes les détresses du monde
Sauvées par une larme
J’espère que je lui manque
Celui que j’aimerai
Autant que je l’attends
Enténébrée de joie

visuel_lecons_de_tenebres

Athée

Athée convertie
Esprit averti
Rage endormie
Larmes serties
Certifiées véritable
Authentique douleur
D’avoir noyé son cœur
Nouvelles couleurs
Pour des émotions pures
Je n’ose plus leur donner le nom d’amour
Tout comme je me refuse
A séparer l’obscurité de la lumière

699406348

Sur le fil

J’aurais aimé vous lire l’histoire écrite sur le fil de ma vie
Et je m’aperçois qu’il existe encore des mots interdits
Mon mental en vain se révolte contre ça
Tandis que mon stylo tremble des maux qu’il n’écrit pas
J’aurais aimé vous dire que je ne suis pas qu’une enfant
Et que si je suis si familière avec le goût du sang
Ce n’est pas pour avoir trop exercé mon imagination dans les romans
Imaginer c’est ce que je fis pour survivre
Imaginer qu’il est un monde où ceux que j’aime peuvent me suivre
De cette illusion je revins plus seule encore
On est pas deux sur terre à vivre dans le même décor
Ce refuge où je me sentais pure, j’en ai perdu les clés
Les ai cherchées un temps dans des regards avides
Mais le désir n’est qu’une imposture
Je me suis laissée berner
Alors je tente de reconstruire par la plume le reflet de mon intégrité
Mais ce reflet sans les larmes, sans les mille morts que j’ai traversées
Sans le sperme et sans la haine que quelque part j’aurais voulu garder
Ce miroir est mensonger
Et sans la paix, sans la lumière, sans l’amour que j’ai à donner
Sans l’extase, sans la prière
Ce miroir est incomplet
Alors, dites-moi vous qui maniez le stylo comme l’épée
Dites-moi comment fendre ces contraires pour les réconcilier
S’il vous plaît

1087118__warrior-woman-with-sword-japanese_p

Mon bien-aimé

Encore une fois je tombe en prière
Tout en tentant de faire affleurer la lumière
Depuis les profondeurs de mes troublantes questions
Qu’est-ce que l’amour?
N’est-ce pas cette force qui nous soulève?
N’est-ce pas cette source qui nous abreuve?
Plus qu’un signal déposé sur nos lèvres par un autre
L’amour est parfois si loin de ces étreintes sauvages
Et que peut-on donner quand on ne connaît pas soi-même
Son vrai visage?
C’est un cœur unifié
Que je veux tourner un jour vers mon aimé-e
C’est d’une âme sincère que je lui dirai tout en un silence sans fin
Qu’est-ce que l’amour?
Si tu as besoin de ma main dans la tienne
C’est que tu n’as pas appris à marcher seul
Je ne veux pas d’un voyageur bancal
Si tu as besoin de mon regard pour te grandir
C’est que tu n’as pas encore trouvé le miroir
Où ta splendeur se révèle
Dans mes yeux
Ne lis-tu pas l’infinie puissance de ton âme?
Si tu as besoin que mes mots te rassurent
Déchiffre plutôt la pudeur de mes gestes
Et ne me retiens pas
Sache
Que quelque soit la cage où tu veux me blottir
J’en meurs assurément
Qu’est-ce que l’amour?
N’est-ce pas un poème que je te dédie?
Toi dont je ne veux pas comme mari
Car mon bien-aimé a la splendeur du soleil
L’assurance d’un roi
Mon aimé n’a pas besoin de moi
Il est partout où la peur n’est pas
Il me fait rire seule parfois on me croit folle
Il m’inspire mes fièvres et mes refus
Il ne m’a jamais déçue il est partout où je lui ouvre les bras
Mais toi
Tu ne le connais pas cela me rend si triste
Qu’est-ce que l’amour?
Je crois savoir que c’est plus vaste qu’un toi et moi
Il a les limites que tu donnes à ton âme
Et je vole sans fin pour en trouver le fond
Libre je vole
C’est si bon d’être seule
Entre mon bien-aimé et moi
Il y a l’univers en personne

2365139391_small_1

Equilibre

Mon encre est un fil où je cherche l’équilibre
Sans cesse ballottée entre des vents contraires
Jeter l’ancre est impossible tant je veux être libre
Entre les envies qui me poussent et des règles arbitraires
Un océan de normes dont je voudrais m’extraire

Sans cesse je titube
ivre de mes propres désirs
Mot à mot j’avance en funambule

À la droite de ma raison le vide est menaçant et le futur me presse
À la gauche de mes passions le chaos me glace et le passé m’oppresse

À force de maladresse même mes mots se brisent sur le flanc des extrêmes
Sous l’écorce de ma tendresse suinte l’émoi qui me grise lorsque mes sangs s’expriment

Et la vue me déprime
Le Noir et le Blanc se déclarent la guerre sur le terrain de l’Histoire
Le mâle et la femelle s’érigent en adversaires se renvoient leurs déboires

Entre instinct nomade et quête de foyer
Entre crainte innommable et courage dévoyé

Je voudrais fermer les yeux sur ma lucidité pour ne pas perdre l’espoir
Et je me perds en substances pour rallumer l’essence et mieux voir dans le noir

Sous l’attrait des ténèbres je rêve que mes paroles s’envolent dans la lumière
Et mon ego me gronde lorsque je me sens fière de n’être que poussière

Ma plume est un totem que j’invoque chaque soir à la lueur du silence

Loin de ce monde insensé où ma boussole se casse
Ignorant les semonces à l’équilibre je renonce
Portées par les tempêtes mes rimes enfin s’élancent et bousculent l’espace

..Vous faire perdre pied pour que nos âmes dansent

poussière

Toute

Toute la lumière du monde
Gâchée par un silence
Toutes les détresses du monde
Sauvées par une larme
J’espère que je lui manque
Celui que j’aimerai
Autant que je l’attends
Enténébrée de joie

joie

Métisse

Assise au soleil
Réceptive telle une antenne émotive
Attentive aux vibrations qui guideront ma plume
Pour je l’espère vous transmettre une nouvelle émotion
Je suis tranquille
Docile
Et les images défilent
Visions du cosmos qui s’enfilent
Comme des perles sur un fil
Où nuit et jour se succèdent en un battement de cil

L’alliance des contraires
Je suis faite de cette matière première
Du Nord et du Sud
Du noir et du blanc
Pour un brun qui rappelle la couleur de la terre Mère
On a tous en soi un petit bout d’univers
Un soupçon d’infini dans un grain de poussière
Filiation divine ou bien humain mystère
Nos atomes des étoiles nous font frères
Il y a de quoi en être fiers
N’être qu’une humble créature
Mais terrain d’un combat qui dure
Entre le paradis et l’enfer

Et dire que je rêvais mon cœur pur

Je suis condamnée à m’asseoir
A même le mur qui sépare
Les deux versions d’une même histoire
A voir les victimes comme les barbares
Manipuler le devoir de mémoire
Je ne sais plus lesquels croire
Et j’en passe ds heures
A démêler en moi les leurres les erreurs
Liés à la conscience d’une race prétendument supérieure
Et j’en pleure
Des traces laissées par les ravages d’un esclavage encore ancré dans nos cœurs
Où est ma place ?
Nous sommes trop peu à porter ce drapeau d’un peuple imaginaire
Où nous serions tous unis et sœurs et frères
Trop peu à vivre et à saigner pour cette chimère
Et puis mon temps est éphémère
Et la bêtise humaine m’atterre
De rage ma plume se fait amère

Jeter un regard sur la Terre
Poser les yeux sur toutes ces guerres
Quand on y cherche de la lumière
Trop d’espérance est une torture
La cruauté de l’Homme serait dans sa nature ?

Et dire que je rêvais mon cœur pur

th (14)

Je ne suis pas née dans la lumière

Je suis née dans un reflet sombre de l’eau noire
Juste avant que le métal et le sang ne se touchent
Dans l’imaginaire d’un guerrier nostalgique
 
Je suis née au cours d’une de ces longues nuits
Où le mythe se dispute au réel
Où un ego fracasse le ciel à force d’implorer Dieu de descendre
 
Je suis issue d’un tas de cendres
Laissé par la combustion de l’amour
Sur la place tiédie par le lait
Mangée par la terre
 
Je ne suis pas née dans la lumière

sombre

La forêt

C’était dans la forêt
La pluie battait son rythme sur les feuilles des cahiers de ma mémoire
Et c’est dans cette forêt que tout a commencé

Claquant mes pieds nus sur les chemins d’acier
J’ai dansé
Et l’appel a surgi, tremblant, vulnérable
Plongeant d’un seul souffle jusqu’aux cimes des arbres
Pour atteindre enfin ce totem végétal
Qui seul pouvait m’entendre
M’étreindre
M’attendre

C’était dans la forêt
Que j’ai dénoué une à une mes puissantes racines
En tremblant de légèreté devant l’immense
Devant la pugnace densité de mon existence entêtée
Impuissante à stopper le fouet de la réalité
Dans cette forêt
J’ai pleuré sur le sang de mon dos strié
Dans cette forêt
J’ai sué mon âme ébahie de douleur
J’ai vomi mon cœur halluciné
J’ai questionné l’indifférence des saisons face au cycle incessant de mes raisons et déraisons
Dans cette forêt
J’ai su
J’ai compris
Et je me suis perdue à force de suivre les sentiers balisés

C’était dans la forêt
La pluie battait son rythme sur les feuilles des cahiers de ma solitude
Je me suis dressée nue contre les turpitudes
Et les ronces, les épines, ont mis à feu mes pauvres habitudes
Me laissant brûler vive sous un déluge de colère
D’amertume
Le jour brillant
Ne pouvait rien contre mes ténèbres
Et la nuit venue
Elle ne pouvait rien contre ma lumière
De toute ma finitude, je me dressais, fière
Palpitant de syncope en syncope
Vibrant d’un espoir atroce
Comptant sur ma chair les marques laissées par les crocs de ces bêtes féroces qui m’attaquent par milliers
Et moi dans cette forêt
M’habillant de leurs peaux
Me camouflant sous leurs odeurs
J’attends
Rageusement
Que vienne enfin mon heure
J’avale leur venin, je le fais élixir
Du creux de mes mains vides je fais naître des empires

La pluie bat son rythme sur les feuilles des cahiers où s’animent mes désirs
J’y ai élu domicile
Immuable et versatile
Dans la forêt des mots
cerisier