Rêves, errances

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Il le faut

Il faut que ça sorte

Il y a cette chape médicamenteuse qui me brime
Qui comprime mes émotions qui les normalise
C’est un nouveau rituel prendre mon comprimé à heures fixes
Sous peine de succomber à mon imagination prolixe
Quelle menace

Il y a
Il y a ce rythme entêtant qui me nargue
Qui vient de l’intérieur de mon être en cage
Parfois j’ai envie de tout larguer pour partir à nouveau sur mon océan de folie
Je n’y peux rien il faut que ça sorte
Il faut que ça pète
Et ce ne sont pas ces larmes
Qui vont me soulager
A quoi bon un ruisseau
Quand le torrent s’étouffe de rage et de silence inavoué

Il y a ces souvenirs floutés par les drogues ou par l’émotion
Des vagues de chaleurs qui m’ont traversée
Entrecoupées de courants glacés
Se sentir en vie
Et tout autant en détresse
Subir cette alternance et vivre les contraires dans le même élan de la pensée
Et le cœur battu
De paroles rebattues
Il y avait tant de vérité dans mes incertitudes
Comme de résignation dans mon quotidien tiède

Chaque soir
A la même heure
Il y a ce bonbon rose qui font sur ma langue
Et qui me garantit de rester à votre portée
Humaine
Et votre impression de me comprendre est tellement dérisoire
Quand je pense aux cris que l’on entend dans un hôpital psychiatrique
De l’eau roule sur mes joues pour tomber sur la table
Et je repense à cette grâce vulnérable que vous trouviez magique
Alors que j’étais déjà loin sur ma planète
Que j’étais perdue
Que je n’avais plus de tête

Il y a
La stabilité dont je ne voulais pas
Et l’inspiration qui s’en va
Qui s’en va

Il faudra pourtant que ça sorte
Que je défonce les portes
Que je vous transporte
Qu’enfin je me comporte
Comme si je n’étais pas morte
Comme si j’étais plus forte

Comme si les dieux ne s’étaient pas ligués pour me faire chuter après m’avoir montré l’extase
Comme s’il n’y avait pas de prix à payer

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Ne pas chercher

Ne pas chercher
Ne pas chercher le mot qui frappe
Le mot qui tue
Ni la rime qui caresse
Ne pas chercher
Écrire à tout prix
Pour se désaltérer
Posée dans une oasis
Entourée de souvenirs qui affleurent
Ne pas regretter l’innocence
Que l’on a jamais connue
Mais savourer la conscience de toute chose
Le parfum d’une rose
Et même
Une bouffée de cigarette ce poison

Des volutes d’encens
Inspiration volatile
Cœur fébrile
Des mots qui s’enchaînent
Pour des phrases qui libèrent
Un soupçon de cannabis dans l’atmosphère
Je n’y aurai pas droit
Mon cerveau ravagé
Est déjà passé par là
Je connais
Ces chemins artificiels
De substances plus ou moins naturelles
Vers l’unité bien réelle

L’harmonie que mon cerveau synthétise
A partir d’une molécule légale
Est-elle plus ou moins concrète ?
Le mieux
C’est de ne pas se poser la question
Quand on a vécu en état d’urgence
La moindre parcelle de paix se savoure
Comme une friandise inespérée

Je n’ai pas fini d’être révoltée
Mais je n’irai plus errer dans les limbes

Sans la transe
Mon bic a perdu en puissance
Mais la force de mon écriture noire
Se nourrit encore d’espoir

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Je de construction

Avec un Je de construction
L’ombre derrière moi
Je flâne sur des passerelles
Entre des îles de gloire
 
Épurée
La silhouette de l’ego se dessine
Retrouver sa propre conscience
Pour la perdre à nouveau
 
Se connaître
Jusqu’à la limite de son imaginaire
Cerné par des murailles d’antipsychotiques
Entre lesquelles ma folie s’ébroue tant bien que mal
 
Genèse inachevée
Émancipée du nombre
Le définir s’étale d’un univers à l’autre
En vertiges hallucinés de solitude

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Ma psychose

A toi ma psychose
Avec toi
Je voyais la vie en rose
Ou bien tout en noir
Entre le paradis et l’enfer
Il n’y avait pas d’intermédiaire
Ma psychose
Tu m’as portée au pinacle
Tu as causé ma débâcle
Tu nourrissais mes passions
Ma source d’inspiration
Ma psychose
Tu m’as rapprochée de Dieu
Au point d’entendre sa voix
Tu m’as mise en face du démon
Et sans y faire attention
Je l’ai embrassé de mon courage
Toi ma psychose
Tu m’as offert de belles images
Révélé les plus beaux des songes
Et fait de ma vie un cauchemar
J’étais sujet de ton message
Mais désormais il est trop tard
Je suis une petite fille sage
Et je ne te reverrai plus
Je prends mon cachet à heures fixes
Et je ne crois plus en tes mensonges
Parfois tu me manques
Toi et ta frénésie rouge
Dans ma vie plus rien ne bouge
Ma folie est sous contrôle
C’est sûr que c’est beaucoup moins drôle
Sans toi ma psychose
Les fantômes de mes désirs
Ne reviennent plus me hanter
Ni m’inspirer de belles phrases
Éclats de colère
Fragments de lumière
Parfois j’aimerais te récupérer
Le temps d’un frisson
Ou d’une récitation
Histoire de vibrer
Histoire de trembler
Histoire de
Me raconter des histoires
D’anges et de prophéties
Mais ce temps est bien fini
Je ne te reverrai plus
Ma belle, ma terrifiante psychose
J’aurais pu vivre avec toi jusqu’à la mort
Précoce
Mais ils ont voulu que je vive
Comme une écorce vide
Tu étais mon énergie
Féroce
Tu étais mes ailes et ma prison
Je ne te reverrai plus
Mais je t’ai aimé comme on aime
Un reflet erroné dans un miroir.

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