Rêves, errances

Chemins de textes

Tag: paix

Place

Place un mot pacificateur
sur cette enveloppe contradictoire
assume ton essence trouble et
assassine ton double aux prétentions dérisoires
prétendu besoin d’assurance de normalité qui s’immisce dans des instants vécus sous la forme d’un enjeu qui nous échappe de peu

à peine une impression de progression particulière
vers un horizon fuyant où le bonheur serait tapi

Le néant t’apprivoise à mesure qu’il absorbe les quelques repères branlants qui limitent ton esprit
les désirs de rancune, de lutte, de succès
et jusqu’à ta volonté

La caresse du vide a fait frémir mon âme
le vent de la solitude a balayé ma chair
y créant un espace pour loger ton sourire ton regard insondable et puis tes doigts rieurs

Place un mot de douceur pour contrer le tourment
qui résiste à mourir dans nos imaginaires
l’impossible langage en guise de courant d’air
enfin ramène nos cœurs au présent

 

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Utopie

Lâcher la crise
L’état de stress
Dont certains se nourrissent
Dont j’ai fait mon ivresse

Avancer vers la paix
N’intéresser personne
Perdus en cours de route
Les vampires

Mon sang n’était pas pur

Mon sang…
Étalé sur les murs
De notre nid d’amour
Je m’en souviendrai toujours

Ceci n’est pas une fin
Écrivit-elle en vain
Ceci marque le début
Du 23ème décan
Horoscope décati
Prévisions assombries
Horizon sale

Pourquoi…

J’attendrai tes excuses
Dans le paradis blanc
Je présenterai les miennes
Par pure convenance
Ou bien
Je tiendrai ma revanche
Dans l’illusoire oubli

Existe-t-il un équilibre ?

Écrire est une utopie

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Libérons

Si cela doit prendre dix ans
Avant que le pardon ne fraye son chemin jusqu’à nos cœurs
Que la guérison n’effleure nos cicatrices
Si cela doit prendre cent ans
Avant que la paix ne s’installe dans l’âme
Que l’harmonie émane de chacun de nos gestes
Si le chemin dure plusieurs vies
Avant de comprendre ce qu’écouter veut dire
Et que la parole soit plus qu’une gestuelle de la langue
S’il faut qu’un univers passe et trépasse
Avant que l’on vibre à l’unisson

On n’a de cesse de poursuivre la poussière
Pour se bâtir des châteaux des enclos
Qui disparaissent avant même que l’espace ait rendu son prochain soupir

Libérons la notion d’avenir

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Sur le fil

J’aurais aimé vous lire l’histoire écrite sur le fil de ma vie
Et je m’aperçois qu’il existe encore des mots interdits
Mon mental en vain se révolte contre ça
Tandis que mon stylo tremble des maux qu’il n’écrit pas
J’aurais aimé vous dire que je ne suis pas qu’une enfant
Et que si je suis si familière avec le goût du sang
Ce n’est pas pour avoir trop exercé mon imagination dans les romans
Imaginer c’est ce que je fis pour survivre
Imaginer qu’il est un monde où ceux que j’aime peuvent me suivre
De cette illusion je revins plus seule encore
On est pas deux sur terre à vivre dans le même décor
Ce refuge où je me sentais pure, j’en ai perdu les clés
Les ai cherchées un temps dans des regards avides
Mais le désir n’est qu’une imposture
Je me suis laissée berner
Alors je tente de reconstruire par la plume le reflet de mon intégrité
Mais ce reflet sans les larmes, sans les mille morts que j’ai traversées
Sans le sperme et sans la haine que quelque part j’aurais voulu garder
Ce miroir est mensonger
Et sans la paix, sans la lumière, sans l’amour que j’ai à donner
Sans l’extase, sans la prière
Ce miroir est incomplet
Alors, dites-moi vous qui maniez le stylo comme l’épée
Dites-moi comment fendre ces contraires pour les réconcilier
S’il vous plaît

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Pour te dire

Je suis venue te dire ce qui ne vaut pas la peine
A toi qui vis et lutte sur cette terre
Quand la vérité s’exprime dans nos veines
Il n’y a que pour l’écouter que nous devons nous taire

Prenons garde au chemin qu’engagent nos paroles
Et méfions-nous des panneaux trop lisibles
Au lieu de se bousculer sur les voies que la masse signale
Nous devons penser sans interdit

Il n’y a pas de parole
Qui ne soit le fruit de quelque obscur calcul
Les lois que font et défont les hommes déballent
Au grand jour leur volonté de puissance occulte

Je suis là pour t’avertir
Toutes ces choses que tu estimes plus que ta liberté
Te seront retirées à ton dernier soupir
Alors pourquoi s’épuiser à courir

Je suis venue te dire que ça ne vaut pas la peine
De t’exécuter sans mot dire, sans bousculer ton rôle
De peur que personne ne te comprenne
Ta vie pourrait être plus drôle, si tu savais

Je suis venue te dire d’avoir ta propre raison
Je suis venue te dire

Il ne faut pas craindre d’avoir mal
Ce sont nos pensées qui fertilisent la douleur
Il ne faut pas éviter d’être seul
Mais traquer la connaissance qui se révèle quand on s’égare

Nos personnalités s’étiolent dans des carcans communs
Comme si nous n’avions qu’un seul commencement
Comme s’il ne nous fallait naître qu’une seule fois
On laisse nos choix d’hier déterminer demain

Aux yeux des autres
Il nous faut obéir à une certaine cohérence
Parfois dissimuler ce que l’on pense
Pour le paraître

C’est dans nos différences qu’on puise notre richesse
Que la police des échanges trop souvent dissimule
A chaque question taboue que soulève la tristesse
C’est l’oubli qui recule

Je suis venue te rappeler le prix d’une vocation
Le coût des compromis
La valeur d’une larme et pourquoi payer si cher
Pour travestir nos rêves

Il y a tant de dommages sur ces champs de mines
Tant de «si j’avais su» qui font que l’on déprime
A quoi bon craindre le blâme, le doigt qui nous dénonce
Par qui le futur menace et le passé semonce

Quand le jugement commun insulte l’équité
La compassion devient faiblesse, ou se mue en pitié
La stigmatisation des coupables et des victimes
Rend le terrain propice à d’autres crimes

Je suis venue te dire de ne compter que sur l’amour
Pour rétablir la balance de ces âmes en peine
Je suis venue parler de paix car je connais la guerre
Que des êtres de sang se livrent à eux-mêmes

La-verite1

J’ai un secret

J’ai un secret
C’est un secret à tiroirs
Dans mon secret y a des idéaux des idées noires
Des idées vides de tout espoir
Des vides avides
C’est un secret comme on en cache dans les placards
Une secrète histoire du genre de celles qu’on se raconte pour se faire peur dans le noir
Une sale histoire qu’arrive qu’aux autres

J’ai un secret
Il y a des gens dans le secret
Des ami-e-s qui m’ont cru pour de vrai
Et même des inconnus qui en connaissent les détails concrets
Car j’ai bêtement cru le décret
Qui dit que la parole vient à bout des secrets
Mais c’est pas vrai
J’en ai parlé à foison mais mon secret reste poison
Il s’est imbibé jusque dans les murs de ma maison
Alors j’en suis partie
Emportant mon secret

Mon secret me suit comme une ombre
Il laisse des traces là où il passe et quand j’y pense
Ma voix se casse ma joie s’efface

Mon secret est dans ma tête
Mon secret a des facettes
Et sous une certaine lumière
J’ai même de quoi en être fière
Il a un côté rebelle
Un peu sauvage un peu cruel
Dans un sens il m’a grandie
M’a transformée par la magie de l’alchimie
Mais mon secret a aussi un côté pâle
Un côté un peu banal
Tristement commun carrément sale
Et même un petit côté coupable
Qui pourrait susciter l’ennui
C’est pas que j’ai honte de mon secret
Parfois j’aimerais le revendiquer
Le brandir comme une flamme
Pour éclairer faire abdiquer
Les normes et préjugés qui condamnent
Je n’ai pas honte
Mais j’ai appris que pour s’intégrer
Faut pas heurter pas déranger
Les autres avec nos petits secrets
Laisser tranquille ces gens qui ne m’ont rien fait
Même si j’en rêve même si j’en crève
Même si mon tourment ne trouve de trêve
Que quand je peux faire exploser certains concepts préfabriqués
Garants de notre tranquillité
Voilà la force de mon secret
Quand je me tais
C’est que je sais
Qu’on a tous notre secret
Et ces subtiles secrétions d’âme
Viendront un jour nourrir la flamme
D’un incendie de vérité
Pour tout brûler
Brûler jusqu’aux plus hautes barrières
Qui s’opposent à nos espoirs de paix
Ce jour viendra je vous le promets
Comment je le sais ?
C’est mon secret

th (23)

Respect

Si le malheur est bruyant
Alors le silence
Est gage de bonheur
J’en remplirai les siècles
Je ferai taire mon cœur
Si la mort est repos
Alors je meurs sans cesse
De t’avoir retrouvé
Et je renais sans bruit
Dans le plus grand secret
Si la musique est liesse
Je t’offrirai la paix
De la sérénité
Devant la force de notre amour
Même les instruments se taisent
Par respect

th (6)

Je vous déclare la paix

A vous les bourreaux de mon corps mortifié
A ceux qui m’ont jugée et me jugeront demain
Qui cherchez la cohérence dans mes pensées issues des terres du paradoxe
A ceux qui hurlent péché quand je cherche le plaisir 
Qui me déclarent coupable car je n’ai pas honte de jouir de l’infini pouvoir qui réside entre nos mains
Entre nos lèvres
A ceux qui se croient autorisés à me punir
Pour avoir navigué sur les terres instables 
de nos désirs brimés ou décrétés tabous
Pulsions d’amour que je place bout à bout
Pour disséquer le tissu de ces tristes sérénades 
qui s’élèvent des cités quand l’espoir crève le soir au coin d’une horloge 

Je vous déclare la paix
Je vous déclare la paix pour ces blessures qui ont un jour assommé vos cœurs
avec une telle violence que la tendresse est restée hébétée
Et le cœur s’est dit
puisque c’est ainsi puisque la douleur sévit derrière la moindre de mes ardeurs 
je ne me livrerai plus

Je déclare la paix aux forteresses de fortune
qui enrobent nos libertés déchues
aux chaînes et aux fouets qui trahissent l’espèce humaine

Je déclare le pardon pour les enfants de nos haines 

A punir sans soigner la justice sécrète sa gangrène
La jeunesse se suicide à grands coups de substances,
j’ai vu tant de grands esprits partir en fumée
dans les chants de bataille où nos forces s’épuisent

Vous qui m’avez fait payer le prix de vos souffrances
Dans l’extrême violence de votre indifférence
Je ne veux plus me battre contre vous
En déposant les armes j’ai pris quelques lames droit dans l’âme
mais je ne lèverai pas la main car au fond je l’avoue
ma peine est bien plus grande de voir l’amour mourir
et je sais comme ça mal la chute peut être fatale je le sais
je suis morte plusieurs fois
Dans ma chambre d’enfant en écoutant les cris de mes parents dans le noir
Sur un lit d’hôpital lorsque l’enfant tant espéré se retrouva aspiré
je suis morte maintes fois violée et il paraît que je devrais avoir honte 
d’en parler

Je vous déclare
la paix
terribles enfants vengeurs
pour ne plus avoir à vous regarder sous le filtre morbide qui recouvre nos âmes vides

Nos intimes barricades tracent les frontières du territoire de la peur
On tire à feu nourri sous la bannière de l’unité
reproduisant la devise qui nous vola la lumière en divisant les frères
Chaque jour
On signe de notre sang ce contrat de la démence on renonce
Hostiles par principe les transports ont perdu leur sens commun
Le sexe est devenu sale on ne sait pas comment
Avoir la conscience crade est désormais synonyme de bon sens

De bien obscures prémonitions se déversent de l’illusion poétique
Trop de balles qui se perdent dans les couloirs de l’art médiatique
Pas assez de cris en capitales sur les murs
Trop peu de vraie fureur, mais combien de slams qui s’escriment à exprimer leur rage en sourdine
Faites un peu silence sur le champ de bataille
que je m’exprime 

th (3)

Noir sur blanc

Noir sur blanc
J’écris ces lignes insolentes
Pour faire parler les survivants
D’un continent qui les enterre
Parce que l’or noir
C’est la sueur de ces hommes qui ne perdent pas espoir
Et qui s’embarquent encore dans des galères
A force d’y croire
L’or noir
C’est le sang qui coula pour édifier la gloire des blancs
Et dont le rouge suinte le long des monuments
D’une touche de bleu ils ont maquillé notre histoire
Mais en vain

Noir sur blanc
Je crie quelques mots dans le vent
Ils semblent dérisoires
Mais nous savons
Que si l’air est au courant de nos projets de révolution
Il portera le message
Pour que le rêve se propage
Comme une contagion
Nous savons
Que les palabres traversent les pays
Surtout quand ils parlent de paix

Noir sur blanc
Je décris ma vision d’un continent qui nous éblouit de sa splendeur
Cela voudrait dire
Que l’on aurait purgé les manuels scolaires de toutes leurs erreurs
Que la justice aurait les mains déliées
Les crieurs de vérité seraient débarrassés das bâillons de la censure
On ferait des feux de joie de tous les bulletins de vote truqués
On danserait autour
Les enfants poseraient leurs armes
Pour aller jouer comme des enfants
La parole des anciens serait gravée dans le marbre de la mémoire collective
La terre appartiendrait à ceux qui la cultivent
Et non pas
A de puissants propriétaires
Planqués derrière des multinationales qui ne sont pas venues chez nous par hasard

Noir sur blanc
J’écris ces lignes comme des ratures
Pour ternir les odieuses dictatures
Mais en Europe, ils caricaturent
La démocratie
Ici
Des hommes du fond de leur palais se jouent de nous
Tandis que des peuples survivent à genoux
Et si notre héritage entre dans leurs calculs
C’est au musée
Pour se branler devant la beauté de nos arts pillés
C’est notre âme qui est vendue au moins offrant
C’est l’amertume d’être écartés de ces idéaux qu’on croyait français

Noir et blanc
Dans mes veines
Se confondent et s’alternent
Et ce conflit
Est le reflet de leur affront à l’humanité
Au fond
Ils tombent encore pour la France
Au front de la mondialisation économique
Le sol s’imbibe un peu plus chaque jour du sang de notre Afrique
afrique1