Rêves, errances

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Tag: rencontre

A tout petits pas

Un premier
Tout petit pas
A côté de la ligne
Hors du chemin
Vers l’insomnie

Des souvenirs
Frappent à la porte
Un coup de sang
Cogne mes tempes
Quelques images
Qui n’en sortiront pas

Même le silence
Est compromis
De frustration
De grise mine

Encore des larmes
Pour ne rien dire
Ne rien lâcher
Boire les épines
De ces poèmes
Handicapés
Se pardonner
D’avoir trahi

Et mon reflet
Qui se révolte
Et mon futur
Derrière la porte
Qui reste fermée

Et mes poings saignent
C’est comme vomir
Quelques étoiles
C’est comme renier
Sa solitude
Pour un instant
De gêne palpable

C’est le sourire
D’un monde obscur
Qui te répond
Qui te rassure

Tu n’es pas seule
Ils te tiennent chaud
Tous ces parias
Ces éclopés
Qui se rencontrent
Dans l’univers
Immatériel

Un jour peut-être
Tu t’en iras
A leur rencontre
En attendant
Tu te racontes

C’est un premier
Tout petit pas
Pour la franchir
L’ultime frontière
Qui te sépare
De tous tes rêves

nuit oiseau lune

Automne

Tout tombe, tout rougit, tout pourrit, tout meurt.
L’automne a toujours été la saison de mes nouvelles amours. Comme si à mesure que la nature autour de moi s’étiole, quelque chose dans mon cœur résistait assez fort pour attirer la rencontre, un élan contraire au rythme qui m’entoure, quelque chose qui veut naître alors qu’autour…
Tout tombe, tout rougit, tout pourrit, tout meurt.
J’aimerais que mon ego de même se débarrasse de ses peaux mortes… Toutes les couches d’orgueil, de vanité, de prétention, d’égoïsme et de lâcheté tomberaient au sol et je les piétinerais d’un pied joyeux, pour célébrer une nouvelle saison, de pureté immaculée. Mais je ne suis pas un arbre… Mes racines sont floues, mon feuillage confus… La transformation, je l’observe mais mon cœur, ce fossile, ne peut pas se joindre à l’allégresse ambiante, une allégresse de cimetière. Car au fond…
Tout tombe, tout rougit, tout pourrit, tout meurt.
C’est la grande leçon de l’automne. Il faut accepter que certaines choses se flétrissent, se rabougrissent, se ternissent, il faut accepter la grisaille du ciel et s’habituer au froid… Promesses de solitude, de décrépitude et de mort. A l’automne de ma vie, j’espère avoir la sagesse de ne pas me rebeller, d’accompagner le cycle et d’accueillir toutes ses couleurs, fussent-elles celles de la dernière pluie. Je voudrais glisser, calmement, dignement, dans l’hiver de l’oubli.

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Cet été là

Cet été là
Je t’ai rencontré au bout de ton absence
Je t’ai affronté au milieu du silence
Pour te trouver vainqueur éperdu
Debout sur une île – émergeant de mon cœur fondu
 
Un océan d’absolu
 
Si j’ai fermé les yeux
C’était une inclinaison des paupières
Se prosternant devant Ton éclat
 
Un rire s’exerce
S’exauce
S’élance
 
Dans un grand lourd et profond soupir
Un soir
Je m’abstiendrai de t’aimer
Cette nuit-là
Les étoiles s’éteindront dans tout mon ciel
Comme par l’oubli des dieux
 
J’ai laissé un doute crever au bord d’une route
Sur cette tombe une fleur a poussé
 
C’est quoi le destin
Une pelote de fibre lumineuse
Un fil à trois bouts
Toi, Dieu et le hasard tricheur
C’est quoi au fond
La règle du Je
 
C’est quoi une larme
Une arme d’adieu
 
Une arme de la Dieu.
 
Dans mon silence intérieur
C’est ton regard rieur qui me tient lieu de boussole
Quand la mémoire se désole de n’être pas fidèle
J’attrape une hirondelle par la plume
Et on rigole ensemble de la folie des hommes

th (28)