Rêves, errances

Chemins de textes

Tag: rêves

A la poursuite de l’oubli

Griffure acide de la liberté sur un confort sournois
Vertige de l’évidence
Que nos choix nous séparent nous rapprochent nous empoisonnent
Hallucination lucide lorsque le glas résonne
Dans les récits de nos semblables à l’écho si sensible
Qu’il nous semble que nous fréquentons tous le même cimetière
De rêves avortés de souvenirs indicibles
Je pose genou à terre sous un arbre bavard
Et l’écoute me chanter sa langue de mystères
J’ai la tête enfumée de larmes de prières
Mais les pierres sont sourdes comme un peuple qui a peur
Je lutte pour sonder la matière de mon cœur
Un amas de fêlures de rocs et d’épines
Inexplicable courtoisie de la douleur
Humilité déconcertée de celleux que tout oppresse
Quand l’arrogance dort sur des liasses
La foule que l’on flatte que l’on menace
Pour qu’elle se trompe d’ennemi

J’écoute le front dans l’herbe la parole massive
Qui heurte les prairies les routes d’asphalte
Où circulent des convois de la mort
Droit de la naissance à l’abattoir
Faites qu’il ne soit pas trop tard
J’accuse le coup de ce réveil neuf comme la pluie
Sentiments croissants dans une indifférence totale
Quête d’un secours factice d’une exaltation interdite

A la poursuite de l’oubli
Mon ventre vide comme un reproche
Mes jambes serrées à ton approche
Et ma folie comme témoignage
Irréelle semence perdue dans ses limites
Rythme désincarné que personne n’imite
Soulagement de l’ignorance
Que nos idées nous divisent nous réunissent nous emprisonnent
Espoir démesuré quand la vie nous étonne
Dans les miroirs qu’offrent les rencontres fortuites
Il apparaît que nous regardons tous les mêmes étoiles
Que les mêmes songes et cauchemars nous habitent
Je me lève et repars sous un soleil furieux
Qui berce mon discours d’éternels adieux.

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Vivants

Sur les rives ensanglantées d’un Eden scarifié
Nos rêves viennent s’échouer transpercées par les lames de critiques désincarnées
Des hurlements parcourent la plaine
Des fantômes enlisés dans la peine
Tandis qu’une fumée cloutée sort de nos bouches polluées
Et les palais dévastés
Abritent des rumeurs où le passé se soulage
Défonçant la blancheur de la page
Et la blondeur des plages
Disparaît à force d’exils forcés

Sur la vacance du quotidien souillé
Par le champ lexical de l’abandon et du désespoir
Voilà que je dilue le noir
A défaut de broyer les couleurs sur ma palette rouillée
Où moisissent les relents de mon enfance reniée
Parce que dévastée de trop de gravité
Une complainte aigüe sort de ce corps trahi
Déformé par une tentative de rectification moléculaire
Trop souvent oublieux de son propre enfer
Une chanson maudite qu’on pleure depuis la nuit des temps
Depuis que la folie a étendu son impact sur nos mondes
Une mélodie que l’intellect sonde
Comme un intrus dans un univers où nulle raison ne devrait être
Enveloppes larmoyantes de nos âmes proscrites
Déchirez vos chairs dans un élan de survivance
Plongez en renaissance
D’un trépas au suivant puis à la lisière du cri primal
Riez en cascade puis jurez à rendre malades
Les dieux qui vous ont si vite abandonnés
A la première question au premier pourquoi

La liberté se niche dans nos tendres blasphèmes
Aussi aigüe que le réel dans un trip psychédélique
Que la révolte se fiche dans vos trémolos blêmes
Comme dans ce texte sans thème
Tapuscrit testamentaire
Premier des mes derniers écrits
De seconde en seconde la fin se rapproche
Mais le temps ce voleur ne trouvera que des poches vides
Exhumera des squelettes de dinosaures
Restes de mon innocence candide
Sachez que je conchie vos colères civilisées
Car je brûle de ces tourments antiques
Qui déclenchèrent ces fièvres magnifiques
Que l’on peut lire dans le vent de l’absurde
Le souffle m’est compté
Ma muse incinérée
N’a laissé que des cendres en guise de témoignage
Des reflets ambrés sur une flaque de feu
Une claque ombrée sur un lit de ténèbres
Le soupir bleuté d’un démon polymorphe
Je me sens habitée par toutes les catastrophes
Et mon cœur reste là
A palpiter sans joie dans un océan de prunelles avides
Habité par les relents des songes de nos ancêtres
Ce sont les sphères des inconsciences
Que l’on visitait de notre plein gré
Et nos squelettes tatoués
Nos ambitions marquées
En guise d’horizon pour notre descendance
Seront la damnation qui serviront de guide
Comme nous avons suivi les plus sinistres druides
Pour nous guérir d’êtres vivants

 

horizon

Dernière trace

Un verbe déchiré
Par une lame émoussée
Celle d’un être
Fatigué

Une sirène décoiffée
Quelques brisures de rêves
Étourdies
Comme un complot ourdi
Depuis la nuit des temps
Pour me pousser à bout
Toute colère bue

Un soupir enfumé
Un baiser parfumé
Une coupe qui déborde
De tendresse
Une délicieuse ivresse
Coupable
Une franchise incapable
Une puissance tronquée
Des mensonges éhontés
Aux rencontres fantasmées
Un rendez-vous raté

Un sourire décalqué
Une danse déphasée
Un regard déplacé
Une étoile noircie
Un poème qui renonce
Une parole qui s’efface
Une dernière trace

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Voyageur

Malgré la lassitude
Je me force à écrire
Comme le voyageur à bout de forces dans le désert
Je vois un poème comme une oasis
Nos larmes se diluent à la source du verbe
Je sens monter la puissance
A mesure que mon âme se dilate
Je prends appui sur son évanescence
Puissent mes paroles se voir pousser des ailes
De sorte qu’elles vous emmènent là où la vie est belle
Et la douleur un souvenir
Je ne veux pas mourir sans avoir donné ma sève
Sans avoir vécu mes rêves

En dépit des pleurs qui ont coulé
Je suis sérénité
Tel le voyageur à bout de forces dans le désert
Je crois à ce mirage
Qu’il soit illusion ou bien salut cela n’a aucune importance
Je crois en mes images le reste n’a aucun sens
Puisqu’on est voués à s’égarer dans des dédales de miroirs
Où notre ego cent fois blessé nous incite à la censure
Et la crainte de souffrir devient notre pire ennemi
Je viens briser tous ces reflets
Munie d’une intention pure
Pour qu’on ait plus peur les uns des autres
Pour propager l’amour dont nous sommes les apôtres

Tel le voyageur à bout de forces j’étais à terre
Et je me suis relevée quand je l’ai vu
Et si je marche et si j’ai encore la force d’avancer
C’est que ce rêve
J’y ai cru

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La petite boîte bleue

La petite boîte bleue où j’avais planqué mes rêves
A une odeur de moisi
Ce sont les corps des refoulés sur les côtes atlantiques
Où le ressac souffle l’écume de nos vies
C’est la décomposition des voyages en exils
Le fumet putride de nos indifférences alanguies sur le lit de nos vices
C’est cela qui a pourri mes rêves
 
Dans les transports souterrains
Je ne fais plus la différence entre la nuit et le jour
Il ne faut pas dormir. Au premier affaiblissement de ta vigilance
Ils sont déjà sur toi, garants de la bonne conscience,
Griffons de la morale économique
Aigris de toutes les croyances.
Ils te jugeront coupable
puis tireront profit de tes atermoiements
Et spéculeront sur ton agonie…
 
Surtout ne pas laisser pénétrer leur discours aux relents d’impuissance
Plutôt crever les tympans des sourds en chantant partout notre déshérence
Fût-ce en un cri d’agonie
 
Voilà ce que la petite boîte bleue me souffle
 
J’ai bien grandi

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Dans l’autre monde

Dans l’autre monde
La couleur passée des sentiments résignés dès leur naissance
Ces amours qui vivent le temps d’un vent fou
Puis passent leur existence en convalescence
A ne plus trembler sur un sourire
Ni vibrer sur une parole

Le bleu uniforme des carcans horaires
Donne à notre enfer la régularité d’un train vers l’éternel quotidien

Ils disent
Qu’après le premier regard qui embrase
Les émotions qui fusent dans un ciel étoilé
Le cœur qui implose
Et nos rêves mis en orbite comme par une fusée

Ils disent
Qu’une fois passée leur délivrance
L’habitude érode les sens
Que la magie trépasse que c’est une évidence

Ils disent que ça se remplace
Par une sorte de tendresse
Qui console notre chair de sa déchéance au rang de corps habituel
Que les plus coquines de nos hormones libertines
Finissent par tempérer leur incandescence
Que ce serait sagesse de l’accepter

Moi qui croyait qu’un cœur épris méprisait le bon sens

A ce qu’ils disent les premiers matins ne durent qu’un temps

coeur

A tout petits pas

Un premier
Tout petit pas
A côté de la ligne
Hors du chemin
Vers l’insomnie

Des souvenirs
Frappent à la porte
Un coup de sang
Cogne mes tempes
Quelques images
Qui n’en sortiront pas

Même le silence
Est compromis
De frustration
De grise mine

Encore des larmes
Pour ne rien dire
Ne rien lâcher
Boire les épines
De ces poèmes
Handicapés
Se pardonner
D’avoir trahi

Et mon reflet
Qui se révolte
Et mon futur
Derrière la porte
Qui reste fermée

Et mes poings saignent
C’est comme vomir
Quelques étoiles
C’est comme renier
Sa solitude
Pour un instant
De gêne palpable

C’est le sourire
D’un monde obscur
Qui te répond
Qui te rassure

Tu n’es pas seule
Ils te tiennent chaud
Tous ces parias
Ces éclopés
Qui se rencontrent
Dans l’univers
Immatériel

Un jour peut-être
Tu t’en iras
A leur rencontre
En attendant
Tu te racontes

C’est un premier
Tout petit pas
Pour la franchir
L’ultime frontière
Qui te sépare
De tous tes rêves

nuit oiseau lune

J’écris mon nom

Istina j’écris mon nom pour me rappeler que j’existe
Istina j’écris mon nom pour me rappeler que j’existe
Istina j’écris mon nom pour me rappeler que j’existe
Istina j’écris mon nom pour me faire croire que j’existe
 
Comme un tragique mantra dicté par ces utopies réalistes
Assez proches pour qu’on y croie, comme un mirage indécent
Aussi beau et cruel qu’il nous fait battre le sang
 
vivre pour ses rêves
vivre pour ses rêves
Ça signifie souvent survivre dans un cauchemar
Où la souffrance qui t’étreint laisse une empreinte plus profonde
Que les désirs que tu embrasses en songe
Ça signifie errer solitaire dans des forêts habitées de démons
D’où les rares âmes qui reviennent semblent vidées de toute raison
 
Et tu continues
Tu continues à avancer même les pieds en sang le regard triste
Parce que de temps à autre
Entre les branches tordues éperdues de douleur
Il pleut des étoiles sur ton cœur d’artiste

tornade

C’est fou

C’est fou comme j’ai peur
J’ai peur de la folie
Qu’elle me prenne en défaut
Et s’enfuie

C’est triste comme je pleure
Moi qui me veux guerrière
À croire que mon cœur aguerri
Me trahit

À force d’étreindre des rêves faméliques
Je renonce à la douce esthétique du bon sens me tourne vers la démence pour donner une cadence à mon thème
J’en vois si peu qui luttent jusqu’au bout de leurs forces
Mais des pactes biaisés où nos âmes sont baisées
On se croit mortels et on abuse de notre liberté
À renoncer

Alors je m’élève contre la chute originelle
Pour commencer

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