Rêves, errances

Chemins de textes

Tag: sang

Laisse couler

Laisse couler les larmes
Des larmes qui n’effleureront même pas la surface du patriarcat qui nous assassine
Laisse couler le temps
Pour éroder la douleur de nos esprits brisés par la violence
Laisse couler les flammes
Pour que passionnément elles embrasent
Les visages abjects de ces hommes qui ne savent pas ce que non veut dire
De ces hommes prêts à tout pour asseoir leur emprise
Sur nos cœurs
Sur nos corps rendus chose publique
Et sur lesquels chacun a son mot à dire
Sois plus mince, sois plus glabre, sois plus belle
Sois le désir ambulant de leurs fantasmes consuméristes
Sois plus douce, sois aimable, et souris
Même quand le système t’exploite et t’humilie
Souris pendant qu’on te jauge, qu’on te déshabille, qu’on te viole
Et laisse couler
Ce n’est qu’une blague, ce n’est qu’un geste
Juste une pub, une main aux fesses
Ce n’est qu’un film, ce n’est qu’un jeu
Ne sois pas prude, sois pas salope non plus
Sois pas conne, pas trop futée non plus
Faudrait pas que tu comprennes
Le rose te va si bien
Alors laisse couler
Laisse couler le sang
Noues y sommes habituées
Tellement

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Graine de passion

Donne-moi du feu
Pour réveiller ma flamme
Qui vacille sous le vent frais de l’ennui

Donne-moi du rythme
Pour faire battre mon cœur
Amoindri par ses fêlures
Il agonise

Donne-moi du sang
Pour épancher ma soif
Que ma poésie vive sa vie éternelle

Donne-moi de l’eau
Pour faire pousser dans le désert
Les fleurs de la passion

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Utopie

Lâcher la crise
L’état de stress
Dont certains se nourrissent
Dont j’ai fait mon ivresse

Avancer vers la paix
N’intéresser personne
Perdus en cours de route
Les vampires

Mon sang n’était pas pur

Mon sang…
Étalé sur les murs
De notre nid d’amour
Je m’en souviendrai toujours

Ceci n’est pas une fin
Écrivit-elle en vain
Ceci marque le début
Du 23ème décan
Horoscope décati
Prévisions assombries
Horizon sale

Pourquoi…

J’attendrai tes excuses
Dans le paradis blanc
Je présenterai les miennes
Par pure convenance
Ou bien
Je tiendrai ma revanche
Dans l’illusoire oubli

Existe-t-il un équilibre ?

Écrire est une utopie

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Le chant du cygne

Comme je devrais avoir honte et comme je vous emmerde
comme je devrais raser les murs
depuis longtemps déjà depuis que je sais que mes raisons d’être
sont ceux que les prisons sociales ignorent
depuis que le cheminement de mon âme curieuse
m’amène à traverser toutes sortes de décors
obscurs aux yeux des autres
aux yeux des gens normaux

je devrais avoir honte
me faire soigner avaler des cachets et même demander l’internement
si j’avais l’impression que mon destin me ment
en me faisant miroiter la liberté par le crime envers la bien-pensance..
Je devrais avoir honte mais je vous emmerde
mon illicite jouissance en dessine les contours
de cette île où en dernier recours
je me retrouve avec moi-même
avec ma peau
et mes rires et mon vagin qui pleure
et mon cynisme et mon enfance qui se meurt
non sans avoir poussé son chant du cygne
avec mes veines saillantes mes cicatrices
mes désirs sous contrôle et ma soif de caresses
et mon envie d’aimer qui ne se meurt pas !
Je l’achèverai de mes dix doigts
à la faveur d’un clavier à la lueur de la lune
de quelques rimes tirées à bout portant
L’innocence semble impossible à ceux qui savent le goût du sang

lac-du-cygne.72452

Précipice

Cracheuse de sang à l’issue incertaine
Je questionne nos lâchetés, nos ignorances, nos craintes
Au bord de tout lâcher
J’invoque le précipice à la rescousse

th (15)

Je ne suis pas née dans la lumière

Je suis née dans un reflet sombre de l’eau noire
Juste avant que le métal et le sang ne se touchent
Dans l’imaginaire d’un guerrier nostalgique
 
Je suis née au cours d’une de ces longues nuits
Où le mythe se dispute au réel
Où un ego fracasse le ciel à force d’implorer Dieu de descendre
 
Je suis issue d’un tas de cendres
Laissé par la combustion de l’amour
Sur la place tiédie par le lait
Mangée par la terre
 
Je ne suis pas née dans la lumière

sombre

Je vous déclare la paix

A vous les bourreaux de mon corps mortifié
A ceux qui m’ont jugée et me jugeront demain
Qui cherchez la cohérence dans mes pensées issues des terres du paradoxe
A ceux qui hurlent péché quand je cherche le plaisir 
Qui me déclarent coupable car je n’ai pas honte de jouir de l’infini pouvoir qui réside entre nos mains
Entre nos lèvres
A ceux qui se croient autorisés à me punir
Pour avoir navigué sur les terres instables 
de nos désirs brimés ou décrétés tabous
Pulsions d’amour que je place bout à bout
Pour disséquer le tissu de ces tristes sérénades 
qui s’élèvent des cités quand l’espoir crève le soir au coin d’une horloge 

Je vous déclare la paix
Je vous déclare la paix pour ces blessures qui ont un jour assommé vos cœurs
avec une telle violence que la tendresse est restée hébétée
Et le cœur s’est dit
puisque c’est ainsi puisque la douleur sévit derrière la moindre de mes ardeurs 
je ne me livrerai plus

Je déclare la paix aux forteresses de fortune
qui enrobent nos libertés déchues
aux chaînes et aux fouets qui trahissent l’espèce humaine

Je déclare le pardon pour les enfants de nos haines 

A punir sans soigner la justice sécrète sa gangrène
La jeunesse se suicide à grands coups de substances,
j’ai vu tant de grands esprits partir en fumée
dans les chants de bataille où nos forces s’épuisent

Vous qui m’avez fait payer le prix de vos souffrances
Dans l’extrême violence de votre indifférence
Je ne veux plus me battre contre vous
En déposant les armes j’ai pris quelques lames droit dans l’âme
mais je ne lèverai pas la main car au fond je l’avoue
ma peine est bien plus grande de voir l’amour mourir
et je sais comme ça mal la chute peut être fatale je le sais
je suis morte plusieurs fois
Dans ma chambre d’enfant en écoutant les cris de mes parents dans le noir
Sur un lit d’hôpital lorsque l’enfant tant espéré se retrouva aspiré
je suis morte maintes fois violée et il paraît que je devrais avoir honte 
d’en parler

Je vous déclare
la paix
terribles enfants vengeurs
pour ne plus avoir à vous regarder sous le filtre morbide qui recouvre nos âmes vides

Nos intimes barricades tracent les frontières du territoire de la peur
On tire à feu nourri sous la bannière de l’unité
reproduisant la devise qui nous vola la lumière en divisant les frères
Chaque jour
On signe de notre sang ce contrat de la démence on renonce
Hostiles par principe les transports ont perdu leur sens commun
Le sexe est devenu sale on ne sait pas comment
Avoir la conscience crade est désormais synonyme de bon sens

De bien obscures prémonitions se déversent de l’illusion poétique
Trop de balles qui se perdent dans les couloirs de l’art médiatique
Pas assez de cris en capitales sur les murs
Trop peu de vraie fureur, mais combien de slams qui s’escriment à exprimer leur rage en sourdine
Faites un peu silence sur le champ de bataille
que je m’exprime 

th (3)