Rêves, errances

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Tag: tristesse

Fard d’eau

Je porte la tristesse
Et le deuil caché
Je porte des souvenirs
Et des rêves échoués
Je porte une allégeance
A des poèmes fâchés
Inégaux et froissés
Aux questions déplacées

Je porte le lourd silence
D’une nuit autopsiée
Je porte la douleur
D’un monde écartelé
Je porte la tendresse
Pour la chair éprouvée
Sous contrainte et soumise
Pour être désirée

Je porte la solitude
Comme un cadeau précieux
Je porte le renoncement
Au sein de mes entrailles
Je porte la liberté
Dans le moindre refus
Et dans mes différences
Je porterai la plume

 

fourmi

Sans commune mesure

Je voudrais te faire avaler mon authentique tristesse
Et ce lest sur mon cœur dans la mare de l’oubli
Je voulais que l’absolu soit mon dernier repas
Car seule l’indifférence lui succède
Et la folie fut mon unique succès
J’aurais dû étancher ma soif à ses lèvres
Avec l’univers comme demi-mesure
Sans aucune piste sérieuse
Pour danser mon indécence
Je voudrais te voir consentir à mon évanouissement
Comme dernier geste d’une révolte irréversible
Mais ma lâcheté sans espoir me maintient dans ce monde
Comme une âme qui n’en finit pas de s’égarer
Troublée par tant de dissemblances
Entre les reflets brisés

Tout un monde tient dans une larme et s’évanouit.

C’est moi

Dans mon fumeux cocon tissé de souvenirs
Je me crois à l’abri de mes propres désirs
En dévidant le fil de mon esprit confus
Je vois un papillon de ténèbres vêtu
C’est moi qui suis le but, la folie et la joie
Et le sang qui souvent m’a servi d’apparat
C’est moi qui suis tristesse, brodée de pourpre et d’or
C’est moi qu’on reverra à la dernière aurore
Tentant de mettre des mots sur des sentiments dérisoires
Et de donner le sens sans raconter l’histoire
C’est moi qui la nuit arpentait le cimetière
Et fumais sur la tombe d’un chanteur légendaire
C’est moi qui voulais croire qu’on a tous un destin
Et bousillais le mien, violemment, à dessein
C’est moi qui fit de mon corps un présent sans valeur
Pour mieux mettre en exergue mon esprit, cet ailleurs
C’est moi qui échouait à sauver le démon
Par mon unique amour, de sa damnation
C’est moi qui vouais mon âme à la lumière éternelle
Et qui aujourd’hui réfute le spirituel
C’est moi qui passais mon enfance dans les livres
Et qu’encore aujourd’hui la parole rend ivre
C’est moi la révolte, la colère, l’enthousiasme
Et tout cela dissous dans la maladie et ses miasmes
C’est moi qui parlait au nom des femmes violées
Au nom de mes sœurs battues, rabaissées, humiliées
C’est moi qui trouvais la force de dire stop à tout ça
Tout en refusant de rester avec un bébé sur les bras
C’est moi la sorcière, la traîtresse, multiforme
C’est moi qui refusais farouchement de céder à la norme
Et me voilà à nouveau sur la ligne de marge
Sur le tranchant du rasoir, sur le fil de la page
C’est moi dans ce cocon, dans ce corps transformé
C’est moi qui vous préviens : je vais me réveiller.

Cocon de soie de Bombyx du mûrier sur brindille Allemagne -  - Zernikow, près de Grosswoltersdorf -

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Comme un clown triste
Je peins une façade de couleurs
Pour oublier la tristesse du monde
En un claquement de doigts
Je me retrouve au pôle positif
Dansant sur un sol de cœurs battants
Les yeux tournés vers la face lumineuse de l’enfer
Nos egos forgés par les épreuves
Présentent un sourire de gratitude
Il n’est pas donné à tout le monde
D’arriver au sommet d’une montagne
De se retourner pour voir que l’on a survécu
Et d’entonner un petit refrain
Avant de se lancer avec volupté
Dans la prochaine escalade

Seules nos cicatrices nous appartiennent
Tatouées à même la conscience
Ne cherche plus
L’illusion d’être compris
Fais
Ce que personne d’autre n’aurait fait à ta place
Il est une réalité tragique
Ou rien n’a de sens
Mais prend ton pinceau
Trempe-le dans tes larmes
Dans un bout de ciel bleu
Et dessine ton chemin

Tu n’aboliras pas la tristesse
Tu te laisseras envahir
Par les épines et par les roses
Mais avec un sourire de fortune
Tu pourras en changer des mondes
Tu donneras
Des couleurs à la colombe
Une touche de noir à l’arc-en-ciel

Sans être malhonnête
Accepte
L’ambiguïté du tao

Tu ne seras jamais heureux sans être égoïste
Et chaque mur brisé
Est une prison de moins sur la planète

Ce texte n’est pas un guide
Ni même un vrai poème
Juste quelques états d’âme
D’ailleurs
Méfie-toi des leaders
Comme des êtres supérieurs
Et de ceux qui prétendent avoir tout compris
Disons-le tout net
Parfois ce monde est merdique
Tout n’est pas magnifique
C’est plutôt dur de vivre pour la plupart
Mais ne sois pas esclave
De faits extérieurs
Invente ta liberté
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Couleur dominante

Couleur dominante : violée
Émotions voilées
Madame a ses secrets
Que vous ne sauriez voir
Sombre
Comme un millier d’histoires
Sa face est un miroir
Et son ventre
Un mouroir

Pardon pour la violence
De ces images sordides
Pour les relents fétides
De souvenirs putrides
Voici
Un soupçon d’idées rouges
Rage
Déicides

Le calme après l’orage
Mon cœur se déménage
Et l’espoir me démange
Pour qu’à nouveau je plonge

Songe
A ces prières sans retour
Au déluge de larmes
A la tristesse sans fin
Sans fond
Et fuis

ange-triste