Rêves, errances

Chemins de textes

Tag: violence conjugale

Regarde

Regarde ce que tu m’as fait
J’étais unifiée
Et tu m’as désossée
J’étais une princesse
Et tu m’as faite souillon
Comme un conte à l’envers
Une parole à terre

J’étais l’innocence
Tu m’as rendue fêlure
Pour sûr
J’étais faite pour tes bras
Je n’étais pas prête pour toi

Regarde
Mes compagnes d’infortune
Hurlent à la lune

J’étais une lionne fière
Me voici une mouche
J’ai souvent raté le coche
Tu m’as faite écorchée
J’étais vive
Et tu m’as statufiée
Regarde ce que tu m’as fait
De tes yeux
Qui ne m’ont jamais vue
Constate de ta main blême
Fantomatique
Les contours de mon corps
N’ont plus rien d’érotique
Je suis en verre pilé
J’étais un vase sacré
Salaud tu m’as brisée
A fait de moi la risée
De ceux qui se respectent
Ordure tu me débectes
J’étais toute empathie
Je ne suis plus que pitié
Mortelle et vide de grâce
Indigne

Les mots s’effacent
La honte a pris la place
Ma muse en est morte de tristesse
Non mais regarde
Regarde ce que tu m’as fait
Et regarde ce qui reste
Une empreinte farouche
Un cœur mis sous serrure
La volonté d’en rire
Un témoignage secret
Regarde ce que tu m’as fait
Regarde

felee

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Ne me dis pas

Ne me dis pas ce qui t’est arrivé
Je ne veux pas savoir
Les mains sur tes poignets
Les doigts autour de ta gorge et
Ta tête contre l’évier
Je ne veux rien savoir

Ne me dis pas combien tu l’as aimé
Ce monstre
Tu as beau le traiter d’enfoiré
Ta voix tremble lorsque tu dis son nom
Est-ce encore de crainte ? Ne me dis pas

Ne me dis rien, tais-toi
Je ne veux pas imaginer
L’enfer au quotidien
Le cauchemar éveillé
Je sais qu’il t’a marquée
Pour plus longtemps que l’éternité

Alors ne me dis pas ce qui t’est arrivé
Les rapports forcés
Le sang qui a giclé
Je veux garder ma tranquillité
Je veux te regarder avec sérénité
Qui aime les poupées cassées ?

Alors je t’en prie pour nous préserver
Garde ton secret

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Exemplaire

Ils veulent faire parler la France qui souffre
Tout en fermant la gueule de leurs femelles
Dans la France du sous-sol
Des cris de bêtes résonnent sur les parois des caves
Ce sont les esclaves qui se défoulent sur leurs soumises

Ça fait du bien de se dire qu’aussi sombre que soit ton avenir, tu pourras toujours jouir de ton pouvoir sur elles
N’est-ce pas que ça soulage de foutre ton sperme sur le visage d’un ange ?
Cette rage qui te démange c’est celle de l’impuissance
Mais de quoi donc as-tu peur quand tu veux me faire taire ?

Les nouveaux nègres ont intégré les méthodes de leurs maîtres.
Ils reproduisent avec délectation toutes les formes de l’oppression
Et nous qui ne sommes rien sans leurs regards, on ne demande qu’à se faire mettre bien profond

Dans l’hexagone
Une femme tous les 3 jours meurt sous les coups de son cher et tendre
A quand les émeutes au sein de nos foyers?

Famille exemplaire
Modèle d’une ségrégation réussie

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Toi

Toi et tes poings
La chose la plus douce qui me soit arrivée
Tes caresses mortelles m’emmèneront droit au ciel
Et tes paroles qui m’assassinent
Délivrent une vérité qui partout ploie sous les joug des convenances

J’ai cru que l’on pouvait guérir de ces blessures fondatrices

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A coeur

Il me tient à cœur
Comme il me tient au corps
Il m’attire encore
Malgré les marques qu’il laisse sur mon corps

Je sais pertinemment qu’il faut que je me tire
J’ai peur
De n’être plus rien qu’une coquille vide
Si je ne m’évade pas de cet amour morbide

J’ai peur d’être morte demain
J’ai peur de ce que pourraient me faire ses deux mains
S’il me retrouve

Affairée à la cuisine
Je fantasme
En caressant ce couteau
Pourquoi ne suis-je pas partie plus tôt

Au premier regard qu’il m’a lancé
Je me suis mise à l’aimer
Au premier baiser qu’il m’a donné
Je lui appartenais
Aux premières traces de ses mains sur mon corps
J’ai commencé à trembler
Et je n’ai pas cessé
Même à sa première larme de regrets versée

Elles lavent sa conscience
Et j’ai peur
Il me prend au cœur
Comme il me prend encore et encore
L’intégrité de mon corps

Et dans ma démence je m’accroche à sa violence
Je n’ai plus d’estime
Je me sens complice
Insidieusement instigatrice
Du crime dont je suis la victime
Je me dis que je l’aime
Et dans ses bras
Je m’abîme

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